Le vahoaka est impatient

Le vahoaka est impatient

L’impatience fait partie de la nature humaine, c’est un fait. Nous sommes tous des gens pressés, nous voulons que les choses aillent vite, terminée la génération des has been adeptes du mode moramora.

Et cette nouvelle donne, Hery Rajaonarimampianina ne l’aura malheureusement compris que trop tard, alors qu’il est en train d’entamer la dernière année de son mandat.

Ceux qui travaillent sur de grands projets savent tous que 5 ans ce n’est rien du tout. Chaque journée ouvrée compte, chaque ressource compte, il est important de passer les jalons intermédiaires dans les délais pour qu’au final le projet, le chantier dans son ensemble soit terminé selon le calendrier préétabli.

Gérer un gros projet, et seuls ceux qui connaissent savent de quoi je veux parler, est déjà un gros challenge en soi.

Et à l’échelle d’un pays comme Madagascar, ce n’est pas d’un seul gros projet dont il est question, mais de centaines, tous à faire avancer en même temps.

Il lui appartenait donc dès le premier jour de son mandat de recruter et de travailler avec les collaborateurs les plus qualifiés pour mener à bien chacun de ces projets, un par un.

Ceux qui travaillent par exemple dans l’informatique connaissent tous le rôle du directeur technique. Le directeur technique chapeaute un ensemble de chefs de projets et chaque chef de projet chapeaute également sa petite équipe, composée d’ingénieurs, de designers, de développeurs, etc.

Le Chef de l’Etat s’est-il entouré des meilleurs chefs de projets ? Après bientôt 5 ans de mandat, tous les chantiers arriveront-ils à terme ?

J’en doute sérieusement car j’ai l’impression que dans l’équipe gouvernementale, certains chefs de projets ne savent pas sur quels projets ils doivent travailler, ou bien n’ont pas de projets.. ou pire, ne savaient même pas qu’ils étaient chefs de projets.

Et pas question pour le directeur technique de se défausser en prétextant que ce sont les chefs de projets qui n’ont pas été performants, que c’est leur faute.

Non non et non : si les chefs de projets sont nuls cela signifie tout simplement que celui qui les a recruté est tout aussi nul qu’eux, que le processus de recrutement est nul, et que le directeur technique est nul.

Moi quand j’embauche un collaborateur, je lui mets 3 mois de période d’essai et en général, après une semaine je sais s’il fait l’affaire. Ou pas. Et s’il ne fait pas l’affaire, je ne m’embarasse pas de sentiments, merci d’avoir contribué mais ça ne va pas le faire, au revoir. Au suivant.

Les gens sont maintenant pressés disais-je en préambule. Ils attendent de leurs responsables publics une certaine vivacité, réactivité, créativité. Que ça travaille vite. Et bien.

Les gens ne supportent plus qu’on les mène en bateau, comme avec cette scandaleuse affaire Claudine Razaimamonjy. Les gens ne supportent plus les belles promesses, promettant monts et merveilles alors que dans les faits, c’est zéro la barre, la population ne cesse de s’appauvrir, n’arrivant même pas à satisfaire le besoin zéro de la vie terrestre : manger.

Dernier point : on nous met souvent en avant le manque de moyens financiers. Je suis désolé mais dans tout projet, il y a aussi un volet financement, avec des responsables en charge. Si les financements font défaut, c’est que les responsables en charge ne sont pas eux aussi à la hauteur, donc pas de sentiments, merci, au revoir.

Comme on le voit, ce qui contribuera donc essentiellement à la réussite ou non d’un projet, ce sont toutes les ressources humaines.

A chacun d’entre nous de juger, de jauger ces ressources humaines qui nous gouvernent depuis 5 ans. Voire au delà.

En sommes nous satisfait ? Ou bien est-ce que ce sera merci d’être passé, ça ne va pas être possible, au revoir, au suivant ?

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