Aaah la liberté d’expression

Attention à ce que vous dites. Et comment vous le dites.

Concept très d’actualité à Madagougou semble-t-il ces derniers temps, avec toutes ces « atteintes à la sûreté de l’Etat » et autres emprisonnements afférents.

Que peut-on dire et que ne peut-on pas dire s’interroge un célèbre blogueur suisse. Hum, à mon avis, c’est un peu plus compliqué et plus subtil que ça. Essayons de voir cela en détail.

Pour vous qui me suivez depuis quelques années maintenant, vous savez que je suis extrêmement sévère avec la modération des commentaires ici sur actutana. C’est tout simplement l’expérience qui parle car je sais, et vous le savez aussi maintenant, il y a une certaine manière de dire les choses, aussi bien sur le fond que sur la forme.

Donc déjà les grossièretés « primaires« , les « insultes« , nope, aucune chance que ça passe chez moi. Liberté d’expression certes, mais correction d’expression exigée aussi, merci de rester courtois. Ceci étant, on peut tout à fait être très courtoisement insultant aussi, mais c’est un art qui n’est pas à la portée de tout le monde.

Le deuxième volet porte sur le concept de diffamation. Sur ce plan là, je ne peux pas non plus (trop) laisser n’importe qui dire n’importe quoi sur n’importe qui, sans preuves, sans faits avérés. Par contre quand c’est vraiment avéré, inattaquable, et non pas des « on dit que il paraît que », alors là oui on peut se lâcher, et il faut se lâcher.

C’est toute la difficulté de laisser des « anonymes » s’exprimer sur le web : chaque post, chaque commentaire doit être passé sous le filtre de la modération et le résultat de cette analyse est binaire : soit ça passe, soit ça ne passe pas. Et pour ma part, je n’ai pas d’état d’âme, quand je sais instinctivement que ça ne passe pas, hop c’est direct à la poubelle 🙂 Comme on dit, je n’ai pas envie d’être « tratra farany » et de payer pour les âneries des autres. Et cette modératrice d’un groupe FB poursuivie aujourd’hui pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » serait certainement aujourd’hui tout à fait d’accord avec moi. Donc quand je laisse passer un commentaire, c’est que quelque part j’y apporte une espèce de caution de ma part. C’est lourd de conséquence vous ne trouvez pas ?

Donc quand un espace de discussion n’a plus cette capacité à modérer son contenu, laissez tomber, c’est donner la corde pour se faire pendre. Il vaut mieux fermer les commentaires et la possibilité de créer de nouveaux sujets de discussion, car sinon ça partira inéluctablement en sucette.

Pour ma part maintenant, concernant les articles et chroniques que j’écris… Bah déjà, si vous n’avez jamais été inquiété, c’est que quelque part vous êtes une référence, et que votre parole est lue et j’ose espérer, respectée 🙂

Ce n’est pas un hasard, c’est le fruit de longue années de travail conjugué avec  l’honnêteté intellectuelle. Mais aussi et surtout c’est que la plupart du temps, je pars toujours d’un fait d’actualité, d’une réalité, de quelque chose qui s’est passé ou qui est en train de se passer pour développer mon point de vue. En partant de là, la démarche est difficilement attaquable. Critiquable sans doute, mais sans plus.

Et enfin, et les gens ne s’y sont pas trompés, c’est que derrière mes « critiques« , il y a également en général des solutions, clairement exposées, ou sinon implicites. Et vous savez que vous avez gagné quand ces solutions sont souvent reprises, au fil du temps. Mais bien entendu, je n’expose pas toutes mes solutions, permettez-moi d’en garder un peu sous le coude quand même 🙂

Voilà ce que je peux dire sur ce sujet. Pour terminer, je n’apprécie pas les fanatiques quels qu’ils soient, quel que soit leur bord. Oui certes, j’ai plus d’affinités pour un Marc Ravalomanana par exemple, je ne m’en suis jamais caché, mais ce n’est pas pour autant que je laisserai tous les fanatiques rageux de Marc Ravalomanana déverser leur rage et leur venin par ici. Car en les laissant passer, ah bah l’elman passera pour un rageux fanatique aussi alors 🙂

Il serait beaucoup plus utile et productif de comparer les zava-bita sous l’ère Ravalomanana par rapport à la médiocrité que nous vivons depuis 2009. Vous voyez, ce que je viens de dire est assez cru .. mais inattaquable, démontrez moi que j’ai tort 🙂

Zay, vita tompokolahy sy tompokovavy. Liberté d’expression certes, mais pas liberté de dire (ou de laisser dire) n’importe quoi, n’importe comment et sur n’importe qui. C’est un art à part entière et quand vous ne le maîtrisez pas, laissez tomber, so de migadragadra foana amin’ny « tsisy dikany« .

elman

elman

Digital Native Allez on y croit !

Souscrire
Me notifier des
guest
Le formulaire de commentaire recueille votre nom, email et contenu pour nous permettre de garder une trace des commentaires placés sur le site. Veuillez lire et accepter les conditions d'utilisation et la politique de confidentialité de notre site Web pour publier un commentaire.
10 Commentaires
plus anciens
plus récents plus de votes
Inline Feedbacks
View all comments
ilpensiero

C’est vrai, mais une question que beacoup devraient se poser, c’est quoi la liberté d’expression? on doit prendre qui comme modèle? les States? la France? ou un modèle qui est basé sur nos principes du Fihavanana et du Soatoavina Malagasy? Si on prend les States comme exemple comme: botter le c*l d’un mannequin a l’effigie de Trump pour exprimer son mécontentement ou caillasser, brûler, vandaliser comme le mouvement des gilets jaunes en France, je pense qu’aucun ne nous convient, il faudrait qu’on établit notre propre concept de la liberté d’expression.

ilpensiero

Des sujets qui dépassent l’entendement de la plupart des habitants de Madagougou

ilpensiero

Et puis on a aussi l’impression que l’Etat a parfois l’oreille dure, des gens se plaignent de leurs problème de manière polie et posée mais on dirait que personne n’écoute du coup, certains préfèrent utiliser les manières plus barbaresques

babakaty

Vaste débat en effet,en France par exemple ,les propos antisémites ou homophobe sont condamnables alors qu’ici ce n’est pas le cas




gerard

Il existe un texte de référence, « la déclaration universelle des droits de l’homme » de l’ONU en 1948 qui a été votée par la quasi totalité des états membres de l’époque
la « déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789, a beaucoup servi de modèle mais à été allègrement piétinée durant un siècle d’empire colonial
certains et certaines qui m’entourent sont nés ici avant 1960 et étaient « statut de droit local », sous le régime de l’indigénat,
j’ai de la chance qu’ils ne soient pas rancuniers !

mangableu

Rajao me manque.

Ralay

Il n’existe pas de difference entre administrateur et moderateur? surtout sur la responsabilite juridique?


Do NOT follow this link or you will be banned from the site!