Alors cette pauvreté ?

Alors cette pauvreté ?

Cette photo, publiée sur le groupe FB FEM le week-end dernier, a provoqué un petit buzz au niveau des commentaires.

Alors, pourquoi cette photo nous interpelle-t-elle ? Elle nous interpelle car elle expose toute l’étendue de notre misère. Misère matérielle mais aussi précarité intellectuelle.

Misère matérielle car ces gens qui lavent leur linge devant cette bouche d’égout vont vous dire qu’ils sont « madinika » (petits, pauvres), qu’ils ne peuvent laver leur linge qu’à cet endroit et qu’enfin, qu’est-ce que cela peut bien vous f…aire qu’ils lavent leur linge là ? Poussant l’insolence jusqu’à vous rétorquer : « c’est vous qui l’avez payé cette bouche d’égout » ?

Précarité intellectuelle car voila où nous en sommes donc en 2018 : laver son linge sur une bouche d’égout, à même le trottoir. Vous m’accorderez qu’il faut être un peu fêlé dans la tête pour procéder de la sorte n’est-ce pas ? Et que l’on vienne pas nous dire que ces gens là n’ont pas le choix, pour laver son linge on a toujours le choix : dans un lavoir public, au bord de l’Ikopa (limite, limite), à la maison, chez les voisins, etc.

Précarité intellectuelle car on préfère donc ne pas se prendre la tête, et on va aller laver son linge juste, je suis prêt à le parier, devant la maison, ou pas très loin. Une précarité qui s’apparente donc surtout .. à de la paresse ?

Et c’est bien souvent le problème à Madagascar : on n’a aucune idée du bien commun, du vivre ensemble, du concept de la voie publique, on voit quelque chose dans la rue qui nous plaît, qui nous convient et le premier réflexe c’est de nous l’approprier indûment. Et souvent, on le ramène même à la maison : plaques solaires, batteries .. ou encore rails métalliques en bord de route ! Pour tout ce qui est objet ou équipement métallique à Tana par exemple, la durée de vie se mesure en mois. Voire en semaines.

Quand j’étais à Tana, il y avait encore une grille ici – photo FB

Donc pendant que nos voisins en Afrique voient et construisent grand, avec des mégastructures, nous, nous sommes condamnés à vivre dans notre petite médiocrité « infrastructurelle » au quotidien. D’une part à cause des dirigeants qui n’ont aucune ambition en la matière et d’autre part à cause d’une population sous-éduquée qui ne pensera qu’à casser, abîmer et voler.

La seule solution ? Oui, assurer l’éducation civique certes mais dans le même temps, rétablir l’ordre, la discipline et la tolérance zéro par rapport à toutes ces petites incivilités et indélicatesses au quotidien. C’est un travail de longue haleine mais dont on ne verra jamais le bout si on ne prend pas le risque de commencer un jour. Et cela doit se faire à tous les échelons de la société, que ce soit dans le petit fokontany paumé au fin fond de la brousse ou en centre ville.

Et démographie galopante aidant, soit on s’y met rapidement et sérieusement. Soit nous allons tous nous faire massivement submerger par cette crasse intellectuelle.

Si ce n’est pas déjà trop tard.

Mais il y a quand même un petit espoir, comme l’a d’ailleurs relevé un facebookeur sur cette discussion, il suffit par exemple d’aller dans le village du Père Pedro dans la banlieue de Tana : c’est propre, c’est ordonné, c’est discipliné, il n’y a pas toute cette gabegie et cette crasse lamentable. J’y suis passé avant mon départ et effectivement, c’était assez impressionnant de trouver ça à Madagascar.

Père Pedro Président en 2019 ? Et bien pourquoi pas, s’il faut ça pour nous en sortir. Car leur Fisandratana 2030 là, désolé mais je n’y crois pas trop.

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elman

Digital Native Allez on y croit !

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Malala
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Père Pedro no exemple tokony arahan’ny vatican sy ny forongony fa tsy manangona arena ao fotsiny. Miaraka miosona @ vahoaka madinika mba hanana dignité izy reny

Rafangy
Membre
Rafangy

aty akaikinay izao dia misy ny mopera sy masera manangana sekoly sy toerampitsaboana fa ny tena marina sy zavamisy aty koa anie ry Malala dia miandry tolorampotsiny ny gasy e!indrindra moa amin’ilay fiteny hoe ray amandreny ny mpitondra dia na dia zavatra kely vitan’ny eo antoerna aza dia iandrasana fanjakana, ohatra, misy tany mihotsaka fa mibahana arabe, na hazo midaraboka, tsy mila ianadrasana fanjakana izany fa ny fokonaolona manodidina dia mahavita an’izany fa mampalahelo fa tys hahita an’izany ianao fa hoe inona ny hiraharahinay na’io arabe io fa angaha izahay manana fiara mampiasa an’io!
io ilay lazain’i Elman hoe mahantra aratoetsaina loatra isika!ary heveriko fa nanomboka tamin’ny andron’ny revolisiona izany satria nisy zokiolona nitantara tamiko fa voatendyr hiasa tany Mahasoabe, any ambanivohitry Fianar izany, izy, dia nisy tetezankazo izay alohan’ny hidirana nytanana, dia rehefa nandalo teo izy dia nihonzongonzona be ilay tatezana, dia vao tonga izy (hotohizana)




Rafangy
Membre
Rafangy

dia ny nataony voalohany di any nandefa taratsay fampilzana ny asa vaventy any Fianar, na dia tsy mpiasan’ny asa vaventy mihitsy izy;herinandro taorina’izay dia tonga tokoa ny teknisiana nijery ary dia nanamboatra ilay tatezana, dia taty aoriana moa dia natao beton mihitsy, izay vola , ampahan’ny hetran’ny olona manodidina tao no nanaovana azy!

Raleva
Membre
Raleva

excommuniée izao i malala raha mbola mijanona ho katolika.

Rin
Invité
Rin

La pauvreté n’explique pas tout car par exemple à Paris, dans un pays riche où les gens ne crèvent pas de faim et sont supposés avoir reçu un minimum d’éducation, on peut voir ce genre de vandalisme, tags de murs dans le métro, vols de matériels publics, détérioration par ex de velib, etc.
C’est pour moi une faillite de l’éducation!
Dès le plus jeune âge il faudrait apprendre aux plus petits à respecter les biens communs, comme quand on leur apprend par exemple les rudiments de la politesse

Ralek
Membre
VIP

Oula!!!
Il y a une grande différence entre vandalisme en France, où les casseurs casse pour faire chier. Alors qu’à Mada, c’est la pauvreté qui les emmènent à casser. les gasy volent les panneaux parce qu’ils les revendent ou utiiser cher eux.
Personne ne vole un vélib pour l’utiliser chez lui…

angelikademada
Membre

Ce matin en allant acheter mon poisson au bord de la mer, on m’a vendu le poisson à la sauvette car maintenant il faut un « papier » pour vendre le poisson…
Mais comme ce papier est trop cher…

Rafangy
Membre
Rafangy

berija est donc passe chez vous

Ralek
Membre
VIP

C’est quoi ce groupe FB FEM?
ça m’intéresserait beaucoup. 😎
C’est « THE » sujet à Mada.
je trouve qu’il y a 2 types de pauvreté à Mada, la pauvreté de ville, ce dont le sujet ici où il y a de la défaillance à tout les niveaux. Les gens ont tout simplement perdu leur dignité pour certains.
Puis il y a la pauvreté rurale où les gens ont quand même leur dignité et font des effort pour survivre. Ils n’ont pas cette espèce de mentalité de parasite.
C’est un très long débat et une guerre qui se mène sur plusieurs fronts.

mangableu
Membre
Gold

Fifamoivozana Eto Madagasikara

Ralek
Membre
VIP

Ah oui, j’y suis en plus, mais je l’ai « muté » car trop de spam.




kof
Membre
VIP

Le pire c’est qu’avec la xénophobie ambiante, les gasy ne voudraient jamais d’un vazaha à leur tête, fût-ce le père Pedro.

mangableu
Membre
Gold

J’ai eu l’occasion de travailler beaucoup avec des vazaha (Francophones et anglophones)mais quand tu es face à un vazaha qui se croit tout connaitre, qui ne veut pas de tes conseils, … et que tu te demandes comment il a fait pour avoir ce poste alors là je montre mes crocs.
Le problème à Madagascar c’est qu’on surestime trop ces vazaha et eux, nous sous-estime trop. C’est bien quand on voudrait mettre de l’ordre mais c’est vu comme un rabaissement lorsqu’ils en abusent.

kof
Membre
VIP

Là on ne parle pas de n’importe quel vazaha. On parle du père Pedro. Je pense qu’il a fait ses preuves 🙂 . Qui peut encore honnêtement douter de l’amour que ce monsieur a pour ce pays et ses habitants ainsi que de son efficacité?

Rafangy
Membre
Rafangy

moi je doute!

kof
Membre
VIP

Il a fait infiniment plus de choses pour des malgaches que n’importe quel politicien vivant actuel. De toute façon rien n’est pire que le politicien gasy. Ma colère contre cette engeance est sans limite. Rien qu’une bande de merdeux.




Ralek
Membre
VIP

Mais parfois on ne les aide pas à comprendre qu’on peut faire comme eux voire mieux.
Je veux dire, tout l’environnement à Mada, (infrastructure, services, comportement) tout ce qui est observable porte à croire qu’on est en dessous.
Ce sont des gens qui ont grandi dans des systèmes où la moindre des choses basiques ne sont même pas acquis chez nous.

Rafangy
Membre
Rafangy

exact! et je me demande toujours si cela vient du fait que nous etions colonises ou autres choses!car les exemples sont frequents:les vazaha pensent et se conduisent comme des etres superieurs, les gasy pensent qu’ils sont des inferieurs par rapport au vazaha, alors que ce n’est pas le cas!le plus affligeant, c’est quand le chef pense que nous devons obeissance et soumission au vazaha qui travaillent avec nous

kof
Membre
VIP

Le problème c’est qu’ils nous sont réellement supérieurs. On n’a jamais rien fait pour démentir ça. Même les Africains commencent à faire ce qu’il faut pour les rattraper un jour. Nous rien.

Ralek
Membre
VIP

Ou du moins, on n’a pas réussi à démontrer qu’on fait mieux.

Rangita
Membre
Gold
Rangita

Détrompez-vous. Ça fait 123 ans que les gasy ont eu des vazaha à leur tête. C’est ce qui a été convenu à Berlin en 1885.
Les missionnaires jésuites y ont aussi contribué (la bible et le fusil).

mpijery
Membre
mpijery

Pour s’extraire de la pauvreté, ces deux points sont essentiels:
– L’éducation est fondamentale mais tout le monde non plus n’a pas vocation à devenir ingénieur ou même à avoir le Bacc: il faut donc faire en sorte qu’une personne sachant lire et écrire puisse faire quelque chose qui lui permettra de vivre dignement.
– Un salaire minimum devrait pouvoir garantir une vie décente: manger et s’habiller correctement, garantir un loyer.
Pour en arriver là, il faut repenser tout le fonctionnement de la société: on a besoin de quoi? et on veut faire quoi? Le système éducatif doit donc produire des ressources correspondantes à ce qu’on veut réellement.
ex: on a besoin de combiens de militaires? de policiers, gendarmes etc…
et adapter en conséquence les structures nécessaires.
C’est valable aussi pour tous les corps de metiers: éleveurs, cultivateurs, plombiers…

Si une formation (politique?) commence déjà à s’y pencher, on avancera peut-être

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