Cette grande majorité qui ne bouge pas.

Il y a quelques jours, on m’a envoyé une vidéo d’un reportage. Vous avez le lien ci-dessous.
Au départ, je pensais qu’il s’agissait d’une vidéo récente. Dès le départ, le décor est là. La campagne dans les haut-plateaux, les charrettes tirées par des zébus, les maisons typiques.
Ensuite, j’entends la voix off présenter Madagascar, avec la traditionnelle: “… un des pays le plus pauvre du monde… ayant connu des crises politico-sociales….” et elle cite: 1972, 199 et 2002. Et pas 2009 donc. Donc la vidéo datent entre 2003 et 2009. Au cours du visionnage, on apprend qu’on est en 2005.

De quoi parle la vidéo? D’une fille de 11 ans qui va à l’école. On y parle déjà de taux d’alphabétisation très faible, et de nos tristes records d’abandon de cursus scolaire et de redoublement.
Ce qu’on apprend dans la vidéo aussi, c’était la volonté du président de l’époque de miser sur l’éducation. Il en a fait une de ses priorités! On reconnait d’ailleurs les Kits scolaires de l’époque.
Maintenant, je vous parle de ce qui m’a frappé dans cette vidéo et je souhaite partager ma réflexion dans cette tribune.
La première chose est: on était déjà miséreux et misérables: mais la tempête 2009 n’était pas encore passée.
Donc, 4 ans après cette vidéo, les choses se sont stoppées de manière brutale. Qu’en est-il de cette volonté? Qu’a fait la HAT de cette politique? ON a déjà une petite idée.

La deuxième chose: Cette vidéo aurait pu être tournée dans les années 60, 70, 80… Nous sommes figés dans le temps. Les mêmes gestes au quotidien, les mêmes mode de survie, aucune perspective correcte même si les parents et les enfants rêvent d’un avenir meilleurs pour ces derniers… Ils sont tout de suite vite rattrapés par les réalités malgaches. A l’image de la fille qui n’a pas pu continuer au collègue car celui le plus proche est à 15km.
Et le pire dans cette histoire, c’est qu’ils ne sont pas en zone 3, les zones enclavées… Je n’arrive pas à imaginer ces dernières.

On parle beaucoup de Tana et grandes villes de Madagascar, mais il ne faut pas oublier que près de 80% des malgaches vivent dans des zones rurales, et sont des paysans. Sur les 25 millions (supposons), cela représente 20 millions (!). Les 5 millions restants sont repartis dans les villes, dont plus de la moitié à Tana je pense.
Malheureusement, ces 20 millions, très peu de personne les voit comme majoritaire. Ni vous, ni moi, ni le pouvoir, ni les média. Pourquoi?

Parce qu’ils se ressemblent tous: pauvres, très peu éduqués, en mode survie, etc. Ce sont ces gens qui montent en ville pour tenter de s’en sortir mais au final ils viennent grossir les rangs des majinika. Voilà une des sources du problème. Et les solutions  se portent souvent, malheureusement,  sur les malgaches en ville, ce qui pousse ces gens-là à quitter leur campagne. Car les citadins semblent profiter des décisions politiques. En ville, on refait les routes, on rénove les stades, on refait les écoles, il y a du travail… A la campagne, pas grand chose, sauf si vous êtes sinistrés.

Les enfants dans la vidéo sont des jeunes adultes maintenant, je me demande où sont passés leurs espoirs et leurs rêves de l’époque.

Voici la vidéo.

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7 Commentaires
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mpijery

À mon avis, il faudra plus orienter les axes de développement pour cette majorité pour que ça change, il n’y a pas de miracle, les points à améliorer restent pareils et ils sont interdépendants:
– désenclavement à outrance
– déploiement d’une force de sécurité pour couvrir dans un premier temps les routes
– rendre agréable la vie à la campagne, en plus des deux précédents points: approvisionnement en eau et électricité, couverture internet, sécurisation des propriétés fonciers. L’idée est d’inciter les paysans à rester là où ils sont, à leur faciliter la vie.
– favoriser le développement des petites villes aux dépens des grandes villes (surtout Tana) pour mieux répartir à terme la population, car Madagascar est encore très vaste même en excluant les regions inhospitalières.
Rien que la concrétisation de tous ces points créera inévitablement des emplois et ouvrira d’autres possibilités
On a plein d’exemples dans le monde entier qu’une trop grande ville favorise la montée de la criminalité, l’implantations des gangs et divers trafiquants etc…

Ianona

15 km quand même, ça se fait en 15 mn en bus ou en taxi brousse et le frais n’est pas trop élevé. Parfois on se demande si c’est pas une excuse pour les parents de ne pas envoyer leurs enfants à l’école parce qu’ils ne sont pas convaincus de leur l’utilité de leur scolarisation.

Et ils peuvent avoir raison avec le système scolaire gasy. dans la plupart des ceg les profs ne se pointent qu’une fois par mois, l’échec au bepc atteint des records chaque année.

elman

tsy azo hoanina ny lalana e

carole

15km de piste, et s’il y avait le bus, ce n’est pas régulier dans les ambanivohitra, du genre 1 seul qui attend d’être rempli avant de partir. Et puis, comment payer les frais?




carole

Indrisy, tena izany mihitsy.

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