De la nécessité de revenir à une certaine forme d’autarcie et d’indépendance

Penser l’après-crise

Cette crise du covid 19 aura au moins un certain mérite : celui de la prise de conscience de la nécessité pour chaque pays de revenir à une certaine forme d’autarcie et d’indépendance.

La grande par-touze des échanges commerciaux mondiaux, en temps normal, oui, ça marche. Recherche de profits, de réduction des coûts, délocalisations, etc. c’est super. Mais quand le monde se retrouve paralysé comme il l’est aujourd’hui, vous vous retrouvez nu comme un vers. Complètement à poil même.

Quand tout le monde a constaté qu’il était aussi dépendant de la sorte à la Chine, bonjour le choc ! Matériels, masques, réactifs : vous en voulez ? Bon et bien vous faites la queue s’il vous plaît.

On en revient à notre angady

Dans un autre registre, j’ai toujours dit qu’il fallait prendre son angady, son couteau et tout le reste pour aller cultiver du riz, et ce dès les premiers jours de son mandat.

Quand on a une épidémie qui vous tombe violemment sur la tête comme ça et que vous vous retrouvez dans l’incapacité d’instaurer un vrai confinement car le peuple est pauvre et doit aller sortir pour travailler et gagner son kapoaka de riz, là on se dit “ah mince il avait raison l’elman” n’est-ce pas ?

On aurait eu un stock stratégique de quelques millions de tonnes de riz que l’on aurait pu distribuer à la population, là tout le monde aurait fermé sa gueu-le et aurait pu tranquillement rester chez lui, bien confiné comme il faut. Et bien non, comme tous les gouvernements qui se sont succédés, alefaaa, importations de riz, bizina, commissions juteuses, comme à l’accoutumée, izay tsy ita izay maha ratsy azy.

Kay lasa ratsy be ilay izy.

Et la crise est loin d’être terminée : ce qu’il ne faut pas oublier c’est qu’aujourd’hui, demain, après-demain, tous les pays du monde seront en mode ultra sahirana et il n’est pas dit qu’ils auront encore la possibilité d’exporter … du riz par exemple. Donc après la crise sanitaire peut-être la crise alimentaire, c’est loin d’être un délire ni une vue de l’esprit.

Revenir aux fondamentaux

Si en France on peut deviner que dans les mois/années à venir on aura dorénavant un stock de dizaines de milliards de masques avec les unités de production bien relocalisées comme il faut, pourrait-on imaginer de même qu’à Madagascar on puisse enfin produire localement des millions de tonnes de riz et constituer ainsi nos réserves stratégiques ?

Tout est question de priorité et de de volonté politique, mais bon, encore faut-il savoir que gouverner c’est prévoir. Madagascar de part sa situation insulaire restera bien entendu toujours quelque part tributaire et dépendant du monde extérieur. Mais certains secteurs stratégiques devraient être revus pour devenir totalement indépendants de l’extérieur.

Lesquels ? J’en vois 3 pour le moment : le riz comme nous l’avons vu. Ainsi que les énergies (renouvelables, sans pétrole) et l’eau. Le premier qui arrivera à nous rendre autosuffisant dans ces 3 domaines aura parfaitement réussi son mandat. Le reste ne sera que du bonus.

elman

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2 Commentaires
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zo.zefa

Belle chronique encore, merci Prez.Lman. Na manana aloha na mahantra, tsy maintsy mimotika/mikaly na ao an-trano na resto na koa …fako.
Pour les trois secteurs stratégiques, l’énergie est vraiment du long terme en terme d’investissement. Et puis pourquoi toujours vouloir sortir des énergies fossiles? Les fossiles (a) fait partie du vivant, ce sont des composants essentiels de la terre, de toutes façons on aura pas d’autres endroits que sur terre où les mettre. A nous de les utiliser à un autre niveau d’intelligence. Les chercheurs doivent trouver des moyens pour tout recycler si cela posera toujours du problème.

Niomanina

Au niveau personnel, c’est déjà lancé avant même cette épidémie. Que ça soit nourriture, eau ou énergie. j’essaie de tendre de plus en plus vers l’autonomie. Un jour je n’aurai plus besoins d’ariary (ou presque) 🙂

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