Raconte-moi mai 1972

Qu’est-ce que tu veux que je te raconte j’étais même pas né en 1972 🙂

Heureusement que le Musée de la photographie est là, merci pour ce voyage dans le temps, avec les vraies photos de l’époque, wow !

Et donc près de 50 ans plus tard ? A vous de juger.

Ce qui m’a juste marqué sur toutes ces photos c’est qu’en 1972 donc, les gens semblaient propres, bien habillés, distingués même.

Et donc, encore une fois, près de 50 ans plus tard ? A vous de juger. Mais bon, quand t’as pas d’eau, pas d’électricité, même pas d’argent pour acheter un bout de savon, difficile de rester « propre, bien habillé, distingué » dans ces conditions.

Ce moonwalk depuis 50 ans est tout simplement effarant. Et le pire … c’est qu’il continue encore aujourd’hui, au moment où l’on parle.

Thriller 5G.gif

Il a même muté, avec le covid 19.

 

elman

Digital Native Allez on y croit !

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gerard
30 jours plus tôt

j’étais ici en 1969….
c’est un passé déjà lointain , si vous voulez voir le futur, regardez Haïti

zafimbaza
zafimbaza
30 jours plus tôt

Tout a commencé par une grève des étudiants en médecine de Befela pour non paiement de leurs allocations . La répression a été disproportionnée: déploiement de FRS , envoi des grévistes à Nosilava. En réponse , la population de Tana a assailli la ville , les magasins étaient dépouillés .On a appelé le Gal Ramanantsoa à la resecousse mais il a vite baissé les bras devant l’ampleur de la tâche . Et Deba a pointé son nez.Voilà .

Hary
Hary
En réponse à  zafimbaza
30 jours plus tôt

Comme le dit Elman , le standard à l’époque est visiblement supérieur à celui d’aujourd’hui ( rues propres, voitures en bon état , grévistes bien habillés et bien éduqués, bâtiments en bon état, pas de vendeurs ambulant sur les trottoirs , ni de mpangataka…) .
Par contre les revendications légitimes sont les mêmes que ceux des étudiants d’aujourd’hui ( bourse insuffisante , cherté de la vie , absence d’eau courante)
Déjà à l’époque, l’état malgache n’en avait rien à faire des revendications sociales du peuple .Sa seule solution est la répression digne d’un régime totalitaire communiste.

Le pire ,c’est que 50 ans après ,l’Etat agit de manière similaire .
Il faudrait peut être former ces hommes et femmes politiques sur l’importance de l’aspect social dans un pays .
Et faire du social , ce n’est pas faire du tosika fameno ou du vary tsinjo .

Pour le coup , Deba était un très bon opportuniste : Canaliser la frustration sociale et la rancoeur vis à vis des étrangers pour accéder au pouvoir.
En tout cas , la revendication de celui avec le panneau « malgachisation » a été bien appliquée ….

Rakotovelo
Rakotovelo
30 jours plus tôt

Raconter ? Non, quelques spots oui …

Raconter mai 1972 n’est pas une mince affaire, ce n’est pas une euphémisme ! Oser raconter 1972 nécessite une humilité, une vraie humilité car mai 72 fut non seulement « la révolution » mais surtout une étape (parmi tant d’autres) dans l’évolution de Madagascar. Trop de dossiers restent encore inaccessibles, voire perdus à jamais sauf pour quelques personnes privilégiées, de par leur profession ou leur témoignage véridique.

Les primo-manifestants de l’époque, essentiellement des élèves et des étudiants et universitaires, se sont soulevés de « bonne foi » (pour ne pas dire naïvement) comme dans tout contexte de revendication. Ce ne fut pas seulement un besoin de conditions sociales et économiques meilleures car comparées à aujourd’hui, cela pourrait sembler dérisoire. Il y avait déjà un terreau de luttes sourdes de pouvoir sous-jacente mais exacerbées dès le début des années soixante-dix. Les états dominants de l’époque sur le plan international voulaient changer de « logiciel » et ne voulaient plus apparaître directement comme les nouveaux colonisateurs. Il fallait mettre en place une nouvelle organisation. Ces états voulaient travailler plus par interposition : les éternelles « grandes familles locales » et les « sociétés internationales » (mais chaque état a ses préférences : Madagascar « parrainée » par la France). 

On ne pourra jamais savoir et je me garderai bien de faire une synthèse, je n’en ai ni la compétence et surtout pas suffisamment de connaissances avérés de TOUS les dossiers. Ce qui suit ne pourra être que partielle, et même partiale.

Deux ou trois faits pour l’ambiance… Je me souviens parfaitement que à cette période, il y avait une enquête très sérieuse sur la prolongation du chemin de fer de Antsirabe vers le sud. Ceci n’a pas plu aux gros transporteurs de l’époque. Ce fut avorté. Il y avait aussi le projet de route nationale reliant Diégo-Suarez (nom d’antan) à Fort-Dauphin et Tuléar (noms d’antan) financée par une compagnie pétrolière (pas de renimalala) mais soutenu par le puissant ministre de l’intérieur de l’époque André Resampa (il fut emprisonné pour une « autre raison » juste après). La société pétrolière revendiquait en contre partie toutes les stations d’essence sur cette route. Pendant la même période en 71, il y a eu les révoltes de famine et de sècheresse du Deep South que le gouvernement a matées, c’était le colonel Ratsimandrava qui était le commandant de la gendarmerie de cette partie sud. Bref, beaucoup de choses se passaient en ce début des années soixante-dix … Ce n’était pas une période calme, loin de là !

Ce qui apparaissait était que les revendications de Mai 72 par les élèves et étudiants avaient trouvé genèse dans les mécontentements certainement ressentis (faculté de médecine, programme et calendrier scolaires, …). L’agitation était bien là ! Je me souviens d’une personne (ancien élève ?) qui est entré par improviste dans notre salle de classe et qui a donné un coup de poing à un prof français qu’il ne connaissait même pas ! Mais je pense que ces raisons, fussent-elles importantes, servaient surtout de catalyseurs pour provoquer un mouvement plus structurelle (par la suite quasi incontrôlé) que je qualifierais d’ »underground » pour déstabiliser tout un système, à tort ou à raison. 

On peut toujours raconter le déroulé des évènements notamment au début par le premier décès du lycéen Modeste à Ambalavao/Tsienimparihy puis encore d’autres manifestants à Antananarivo, les manifestations avec le fameux « Tsak Tsak zato arivo ! » du président Tsiranana, l’emprisonnement des dirigeants étudiants à Analalava etc etc… les affrontements avec les FRS et tout les reste. Mais il ne faut pas considérer Mai 72 comme un événement isolé, il faudrait à mon avis le placer dans un contexte périodique de « 1970- 1975 » année d’assasinat du colonel Ratsimandrava et aussi d’avènement du capitaine de frégate Ratsiraka (rang de lt-colonel) qui fut le début d’une autre phase dans l’histoire de Madagascar. Il y a eu juste avant les affrontements entre le GMP (Groupe Mobile de La Police ex FRS) du colonel Bréchard et les paras de la BANI (troupe du colonel Rabetafika) etc etc .. Rappelons aussi que bien avant même la fin des évènements de mai 1972, des acteurs discrets ont déjà pris en main la tournure des évènements pour arriver à leur but (convocations parallèles des élèves / étudiants et ensuite « suggestions fortes » pour l’après 72). Mai 72 a servi d’excuse pour ce que l’on appelle « coup d’état permanent » ! Mais il ne fut pas suffisant pour tout déstabiliser alors il fallut mettre en jeu la vieille méthode de « diviser pour régner », le tribalisme pour Madagascar, n’était pas là par hasard (en exacerbé) pendant cette période 72 à 75. Il a fallu trois années …

Mais in fine, le point commun de tous ces évènements se trouverait dans les intérêts économiques des quelques « grandes familles » et « grandes sociétés » dont certaines se trouvent encore actuellement aux manettes du pays. La composition de ces « familles » peut changer avec plus ou moins des divergences internes, voire même des bains de sang (cela continue n’est-ce pas 1991, 2002, 2009 … ?), les pantins que l’on met au pouvoir peuvent être plus ou moins présentables mais l’histoire du pays tendrait à se confondre malheureusement avec celle de ces prétendues grandes familles et sociétés qui dirigeaient et qui dirigent avec avidité actuellement le pays. Le changement des membres (adhésion ou expulsion) et la lutte interne atavique qui s’en suit constituent une des essences (parmi d’autres combustibles) pour la décadence de Madagascar, aggravée par un peuple non éduqué politiquement (au sens noble du terme, je ne vois plus de partie qui éduque réellement) et qui hérite depuis ces plus de quarante dernières années d’une système éducatif en déliquescence, me semble-t-il. L’histoire de Madagascar n’est pas si originale que ça somme toute, seulement le déroulement est très (très) aggravé chez nous par d’autres facteurs spécifiques ! Sommes-nous finalement endémiques ? 

Pleure ô mon pays bien aimé ! (CL)

Rakotovelo
Rakotovelo
En réponse à  Rakotovelo
30 jours plus tôt
  • Nosilava, pas Analalava 🙂
Hary
Hary
En réponse à  Rakotovelo
29 jours plus tôt

Très bonne analyse. On sent du vécu et de la passion .

Donc l’histoire se répète : les intérêts économiques des élites ( grandes familles ,entreprises, puissances étrangères) sont les causes des changements politiques.
Quoi que c’est pareil dans les autres pays : le pouvoir économique prime sur le pouvoir politique.

Il faut espérer qu’un jour , on aura plusieurs Malagasy à la fois patriotes et millionnaires ou milliardaire en dollar .( peut être qu’il y en a déjà dans la diaspora)
Ceux ci pourront alors « chambouler » les grandes familles existantes et modifier la hiérarchie du pouvoir économique.

Au Vietnam par exemple, le retour des anciens de la diaspora venant du Canada a modifié le pouvoir économique local .Certains vietnamiens sont devenus millionnaires au Canada et sont revenus au pays pour investir leur millions de dollar sous forme de Hedge fund .Du coup ,ils rivalisent financièrement avec les grandes familles traditionnelles .

Toute mauvaise chose a une fin. Cette élite économique égoïste à Madagascar doit être détrônée car elle est un frein pour le développement du pays.

Hary
Hary
En réponse à  Hary
29 jours plus tôt

En parlant de chamboulement du pouvoir économique
En Ethiopie, Renimalala s’est fait détronée par la Chine sur le marché du ferroviaire en fret et en transport de passager.
En peu de temps , la Chine a construit des nouveaux chemins de fers, des gares ; elle a emmené les wagons et a formé le personnel ethiopien dans plusieurs métiers.

Ok l’état ethiopien a souscrit un prêt de plusieurs milliards de dollars mais le résultat est là : nouvelles infrastructures , activité économiques accélérées entre les villes , etc

Ceci est une preuve que les influenceurs économiques « historiques » peuvent être détrônés.

Soso
Soso
Gold
En réponse à  Hary
29 jours plus tôt

Seul le feu peut éteindre le feu. Il faut des gros moyens pour les déloger (surtout avec une bonne partie de gens que ces gens peuvent facilement acheter avec des t-shirts, 1 kg de riz et des belles maquettes)

Hary
Hary
En réponse à  Soso
29 jours plus tôt

C’est clair .En ce sens il faut du financement solide de l’ordre du milliard de dollar.
En effet quand on voit par exemple la domination de la France dans l’économie de Madagascar , on comprends qui a des intérêts à mettre en place tel ou tel dirigeants .
Le plus intéressant ,c’est que les grandes familles « locales » sont associées avec Renimalala et ont donc des intérêts communs. Un article intéressant du trésor français : La présence économique française à Madagascar | Direction générale du Trésor (economie.gouv.fr)

zo.zefa
zo.zefa
30 jours plus tôt

Merci pour le partage et j’aimerais bien que les gens se rendent compte que l’heure est grave et qu’il est temps pour les actuels dirigeants s’en aller. En guise de conclusion: racontez-nous mai 2021.

Modifié 30 jours plus tôt par zo.zefa
gerard
En réponse à  elman
29 jours plus tôt

depuis 1958, si vous regardez les courbes du PIB !

gerard
En réponse à  elman
29 jours plus tôt

je sais que j’exagère un peu, sous Tsiranna le Gachis n’était pas total sous RA8 il y a eu également un sursaut mais si rien ne change notamment concernant la corruption ……

ACTUTANA