Des siècles que des unions sont déclarées contraires ?

Depuis longtemps des rumeurs circulent, quand je dis longtemps cela fait des siècles.

Des siècles que des unions sont déclarées contraires, mais contraires à quoi, à quels critères ?

Par exemple puisque ici  il est question principalement de Malgaches, mais aussi de temps à autres de vazaha, plus spécialement de français…

Peut-on imaginer une union honnête et sincère entre une fille malgache et un garçon français ?

Peut-on imaginer une union entre une catholique et un protestant ?

Peut-on imaginer une union entre une fille malgache pas fortunée et un français forcément riche à millions ?

Peut-on imaginer une union entre une élève malgache et son professeur français ?

Peut-on imaginer une union entre une métisse sino-malgache et un français « de souche » ?

La rumeur dit qu’un seul de ces points suffit à être une impossibilité à une union durable.

 

Il est vrai que chaque point constitue une différence qui peut être jugée quasiment impossible à résoudre.

Et pourtant.

Au lieu de dire union, je préfère dire mariage.

Mais cela change quoi ?

Peut-être que ce mot mariage inclus des éléments que ne contiennent pas le mot union.

Le mariage, qu’il soit civil ou religieux, implique un engagement, ou plusieurs selon les conceptions.

Il est toujours question d’un engagement vis-à-vis de valeurs légales, que ce soit la loi des hommes ou la loi des églises. Je ne souhaite pas insister sur les valeurs incluses dans un mariage ce n’est pas le but de ce petit mot.

Ah, il y en eu des problèmes à résoudre, des vrais et des totalement faux. Et les plus choquants, pour ne pas dire durs, venaient de la part de personnes que l’on n’attendait pas. Mais passons sur cela dans la mesure où c’est du passé et la majorité des oiseaux de mauvaise augure ne sont plus de ce monde.

Les prédictions sur la durée du mariage étaient, rétrospectivement risibles, mais assez blessantes sur le moment.

Les prédictions sur l’acceptabilité de la nouvellement française par la famille du français avaient des relents catastrophique…

Je me suis laissé dire que dans les mois qui ont suivi le mariage (du siècle ?) il y avait une pénurie de calendrier dans la ville… Le stock avait été dévalisé par des gens qui faisaient des pronostics sur la date de naissance du premier zazakely qui viendrait confirmer l’obligation de ce mariage…

Le voyage vers la France ne fut pas très facile. Surtout que le fiston zanatany n’avait que 3 mois…

L’accueil par la famille proche fut tel qu’imaginé, extra.

Celui réservé par des personnes un peu plus éloignées, mitigé et de façon durable. Mais in fine le temps a permis de faire accepter celle qui avait perdu sa nationalité de naissance à l’insu de son plein gré…

Toujours des doutes sur la ou les raisons qui ont poussé « l’étrangère » à épouser ce français…

Oui, nous avons eu à gérer les attitudes et comportements dicté par les stéréotypes du moment, et pratiquement intemporels.

A deux c’était plus facile de les gérer.

La question que le lecteur doit se poser… Non il n’y a eu aucune difficulté avec les différentes administrations, tant les services du consulat à Madagascar, que les services administratifs locaux ou nationaux. Il faut dire que le capital sympathie dont bénéficiait Madagascar et les malgaches était dû à l’effet  Surfs…

Le seul vrai problème que nous avons eu a été le non remboursement des frais d’accouchement pour le n° 2 au prétexte que je n’avais pas une activité salariée assez longue avant la naissance. (Aujourd’hui n’importe quelle étrangère qui accouche en territoire français est prise en charge par l’AME…)

Ce n’est que 4 ans après notre arrivé en France qu’il a fallu demander un certificat de nationalité française pour pouvoir obtenir une carte nationale d’identité afin de pouvoir voter, car elle voulait pouvoir voter.

L’obtention de ce certificat fut sans encombre, car elle avait épousé un français né de père français.

Ce qui n’empêcha pas un sinistre ministre de l’intérieur de m’imposer à prouver ma nationalité française pour que notre zanatany de fils aîné puisse renouveler sa carte nationale d’identité… Ce qui fut fait grâce aux services d’état civil fonctionnant maintenant par internet.

Vive l’Administration française, mais qui possède quand même des fonctionnaires qui fonctionnent parfois très bien.

 

Bien plus tard elle a été vexée par l’attribution sauvage du prénom XXXX sur sa carte nationale d’identité à cause de l’inculture d’un autre sinistre de l’intérieur qui affirmait rendre plus difficile les usurpations d’identité en remplaçant l’absence de nom patronymique à la naissance par ces XXXX. Le pauvre hère ignorait que la transmission d’un nom patronymique (nom de famille) est une coutume française et pas une obligation légale.

Il a juste fallu quatre ans de lettres, coup de téléphone  et courriels pour avoir la résolution officielle de ce problème, puis une autre année de vérifications administratives pour s’assurer que ce changement ne léserait personne.

 

Conclusion provisoire, un mariage mixte est-il possible ? La réponse est oui.

Un mariage mixte peut-il durer ?  La réponse est oui. Nous connaissons pas mal de compatriotes de ma femme qui ont feu le même parcours. Et beaucoup ont eu des mariages ayant tenu la distance.

Un mariage mixte pose-t-il des problèmes ? Réponse je ne sais pas car je n’ai pas d’expérience personnelle d’un autre type de mariage.

Suis-je prêt à faire la promotion de ce type de mariage ? Assurément non. C’est le genre de responsabilité que je ne puis endosser les implications personnelles sont trop importantes. Nous avons pourtant reçu de très nombreuses demandes émanant autant de jeunes filles que de jeunes gens.

Est-ce un scandale d’avoir épousé son élève ? Peut-être, mais je pense qu’après avoir fêté nos noces de camélia il y a prescription…

Au fait le premier fils (né à Madagascar) est arrivé, à 8 jours près, un an après notre mariage, c’est râlant pour ceux qui avaient acheté des calendriers …

Avec le recul, j’ai eu de la chance car ce que ma toujours jeune femme a subi à cause de mon métier, peu de femmes l’auraient supporté. Quand je lui dis cela elle a une réaction typiquement malgache : Que tu es bête !

Les événements les plus durs :

Les périodes de Noël et de Nouvel An étaient et sont toujours des périodes empreintes de nostalgie.

Le manque de brèdes Mafana quasi inconnues en métropole dans les années 70… mais découverte rapide de brèdes morelle, chose amusante pas très loin du restaurant de Paul Bocuse près de Lyon !

L’absence de bananes… de bonnes bananes !

Apprendre au téléphone le décès du beau-père puis de la belle-mère et devoir l’annoncer… Avec bien sûr l’impossibilité d’avoir une place d’avion dans le délai des obsèques à Madagascar…

Je ne répondrai pas à une question du genre regrettez vous votre mariage mixte.

Je pense qu’il arrive à tout homme normal de regretter son mariage quel qu’il soit.

 

 

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elman
Admin
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euh .. oui ?

Debile Profond 2.1.5 ™
Membre
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Ai pas compris non plus, pourtant j’ai essayé de lire entre les lignes …

elman
Admin
VIP

Une introspection très introspective de Feng Chou semble-t-il

feng.chou
Invité
feng.chou

Exactement.

ramatoa
Invité
ramatoa

mariage ou pas, union ou pas ; là vie nous réserve beaucoup de chose que nous n’avions pas penser! Mais il faut armé du courage quoi qu’il en soit!
Bon courage!

Ralek
Membre
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Ah ouais quand même… J’ai pas compris non plus.




feng.chou
Invité
feng.chou

Oui, c’est difficile à comprendre.
Comme par exemple la chanson « tube de l’hiver » à Antananarivo : Lasan’y vazaha.
Et les commentaires sur Kool Saïna..

C’est une, sinon LA raison qui me fait bannir Madagascar comme destination de vacances.
Moralité une union vazaha et malgache est toujours une chose impossible !
Quelle que soit l’union.
C’est dommage de la part d’un peuple qui a une culture millénaire.

mpijery
Membre
mpijery

une union vazaha et malgache est toujours une chose impossible

Si, c’est possible, mais ce sera parsemée d’embûches et de préjugés. Ce n’est pas nouveau et ça existe ailleurs quand il y a la moindre différence (Religion, origine, revenu etc…)
PS: à propos de la chanson lasan’ny vazaha: se mettre à danser et faire la fête (le rythme de la chanson) quand sa femme s’est barrée est assez curieux 🙂

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