Investir à Madagascar : dans quels secteurs ?

Investir à Madagascar : dans quels secteurs ? Elman dans les champs

Investir à Madagascar : dans quels secteurs ? Oui, elman dans les champs

Faire utile disions nous ? Alors voici un sujet qui intéressera beaucoup de monde : entreprendre, investir à Madagascar.

Investir, entreprendre, en temps normal, est déjà une action difficile, et cela où que vous soyez dans le monde. Mais à Madagascar, la tâche s’avère encore plus ardue, du fait de contraintes spécifiquement locales, que nous passerons en revue dans cet article.

La pauvreté

Première difficulté et non des moindres : la pauvreté de la population. Selon les statistiques officielles, plus de 80% de la population est considérée comme pauvre, avec un revenu entre 1 et 2$ par jour. Par conséquent, qu’est-ce que vous voulez vendre à des personnes qui gagnent péniblement 1$ par jour ? Tout business qui veut cibler la population de masse se heurte donc à cette première et énorme difficulté : la faiblesse du pouvoir d’achat. C’est une réalité et toute aussi révolutionnaire que sera votre idée ou votre business, s’il n’y a personne pour acheter, cela ne marchera pas. Première leçon à tirer : il faut adopter votre produit (et vos prix !) au pouvoir d’achat local, et non le contraire.

L’insécurité

Du fait de la pauvreté précédemment évoquée, l’insécurité a pris des proportions plus qu’alarmantes à Madagascar. Ventre vide n’a plus d’oreilles et les très affamés s’attaqueront au peu d’individus qui ont encore un peu d’argent, ou qui ont l’imprudence de montrer quelques signes extérieurs de richesse. La sécurité des biens et surtout des personnes n’étant plus assurée, il vous faudra impérativement intégrer ce paramètre dans votre business plan, rubrique gestion des risques. Et l’insécurité ce n’est pas seulement une bande de voleurs qui vous attaqueront armés de kalachnikovs, l’insécurité cela peut être aussi ces gens que vous côtoyez tous les jours.

Dans quels secteurs investir ?

En prenant en compte ces 2 paramètres que sont la pauvreté et l’insécurité, les secteurs porteurs sont pour le moment assez limités. En l’état, seul les activités de l’élevage et de l’agriculture sont potentiellement intéressantes, mais là encore, non exemptes de risques, au contraire. Nous aborderons également succinctement l’immobilier.

L’élevage

Veaux, vaches, cochons, poissons, canards, poulets : ce sont des secteurs d’activités qui peuvent s’avérer rentables. Mais dès que vous dépassez le cadre de la petite exploitation familiale, c’est-à-dire à petite échelle pour votre consommation courante, et ce pour vous tourner vers une production un peu plus industrielle, les coûts d’investissements et d’exploitation auront tendance à exploser, réduisant par la même occasion votre marge bénéficiaire, voire entraîner de lourdes pertes. Si vous faites dans les vaches et les zébus, n’oubliez pas non plus le phénomène dahalo, présent à seulement quelques kilomètres de la capitale.

L’agriculture

Riz, maïs, céréales, etc. : ce sont beaucoup d’opportunités, mais les facteurs bloquant sont nombreux également. La nécessité de disposer de vastes terres, les vols, l’insécurité sont des facteurs à ne pas sous-estimer. Les aléas climatiques sont également à considérer, comme la récente sécheresse suivie de cyclone qui a fait beaucoup de dégâts dans les rizières. Une fois tous ces paramètres bien pris en compte, vous n’aurez aucun mal à écouler vos récoltes. Ou à les utiliser pour l’alimentation de votre élevage. A près de 2 000 ar le kilo de provende par exemple, cela vous fera des économies (ou des bénéfices c’est selon) très conséquentes dans votre exploitation d’animaux d’élevage.

L’agriculture c’est aussi les cultures de certaines plantes à très forte valeur ajoutée, comme par exemple la vanille ou encore le ravintsara, très demandées et très chères. Et qui attire donc toutes les convoitises.

L’immobilier

La pierre reste une valeur sûre. Mais dans un pays de pauvres, il faudra vous adapter si vous souhaitiez par exemple vivre des loyers de vos biens immobiliers. Au-delà de 400 000 ar de loyer par mois, trouver des locataires risque de devenir compliqué car le pouvoir d’achat de la classe moyenne s’est également retrouvé en berne, à cause de l’inflation galopante.

Un dernier paramètre à prendre enfin en compte quand vous investissez à Madagascar : le syndrome de l’épi-bar et du marchand d' »anana » (légumes). Concrètement ? Un épi-bar ou un marchand d’anana s’installent dans un coin : 1 mois plus tard vous aurez plein d’epi-bars et de marchands d’anana qui se seront eux aussi installés dans le coin. Le gâteau sera toujours le même, mais avec tous ces nouveaux venus, votre part de marché sera fortement revue à la baisse.

Après cette première petite introduction, il existe bien évidemment d’autres secteurs où il est possible de faire des affaires à Madagascar, et nous aurons l’occasion d’y revenir souvent sur ce site. Investir et réussir à Madagascar n’est pas mission impossible, puisque beaucoup y sont parvenus, honnêtement, à force de travail et d’acharnement. Il n’y a pas de recette miracle, certains ont eu la bonne idée, au bon moment, ni trop tôt ni trop tard, et ont su créer des business très florissants, en toute discrétion.

Discrétion et richesse, 2 concepts qui vont souvent de paire à Madagascar pour réussir. Pour éviter les marchands d’anana ainsi que certaines visites désagréables.

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elman

Digital Native Allez on y croit !

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mangableu
Membre

L’investissement que je pense être rentable à long terme est le charbon de bois.
Je m’explique: il faut tout d’abord avoir des terres car ici nous visons une exploitation industrielle à grand échelle et une consommation nationale. Sur ces terres planter des eucalyptus (venant d’Australie)à croissance rapide et adaptés à notre sol; et dans 5 ans, vous pouvez déjà produire votre premier charbon mais aussi replanter sur les même parcelles déboisées.
Si ce système est mis en marche, les forets malgaches seront un peu épargnées.

Ardine
Admin
Actif

Sinon le kinina traditionnel c’est pas plus rapide ?

mangableu
Membre

@ardine Non pas trop; d’autant plus ils n’ont plus la forme droite donc pour une production industrielle c’est raté. Par contre, nos kininina traditionnel proviennent aussi d’Australie mais il y a fort longtemps.
L’idéal c’est d’avoir le même produit que ceux des poteaux de la jirama.(voir du coté de Moramanga, dans la brousse)

Morgan
Invité
Morgan

@mangableu, ya 2 sortes de kinina à mada à ma connaissance, kinina be rava et kinina kely rava , le kely rava est celui kon utilisé pour faire les poteaux de la jirama, il est plus costaud, plus dense, le be rava un peu moin costaud mais il pousse plus vite….




Morgan
Invité
Morgan

@Ardine, le kinina c’est l’eucalyptus, sauf que celui d’Australie poussent encore plus vite…mr manga bleue à raison ce qu’il propose est une partie de la solution…Les terrains ne manquent pas à Mada, vivement pleins de forêts eco-gérer! Nous avons tous ce rêve de revoir madagascar tout vert à nouveaux!!

jchrist
Invité
jchrist

La déforestation n’est pas une solution pour gagner de l’argent

zainjafy
Invité

Quelle bonne idée, mais il faut prevoir aussi le feu de brousse

Lita Z.
Membre
Lita Z.

On ne peut plus être riche, beau et entreprenant dans ce pays? Gentleman farmer et dandy de la finance ont totalement disparu ou n’ont jamais existé? Comme disait de Gaulle, Madagascar est un pays d’avenir (ou quelque chose de ce genre)… Et il le restera (comme le disait Admin)!

Vohitsara
Membre
Vohitsara

Le tourisme, Madagascar est la destination du futur disaient-ils les gens de l’Office Mondial du Tourism. Si un jour, il y aura moins d’insécurité, moins de corruption, moins de gourmands, plus de stabilité politique, plus de compagnies aériennes pour les réseaux internationaux et domestiques, le tourisme serait un secteur à valeur sûre. Mais ça c’est SI un jour…..

mangableu
Membre

@vohitsara Cette chanson résume tout 🙂
https://www.youtube.com/watch?v=XtqP-l8LeT4

Vohitsara
Membre
Vohitsara

Ary tena mbola tsy henoko iny hiran’ingahy Vahombey iny a! Fa mba efa nisy fotoana namiratan’ny tanàna kosa e! Tadidinareo ve reportages photos an’i Elman (Madanight) en 2004-2008?
Tanàna mahafinaritra..Indrisy fa nopotehina e!
Fort Dauphin koa vita tsara nandritra ny fotoanan’ny QMM. Asa manao ahoana izy zao?

mangableu
Membre

@vohitsara, Izy ato dia voretra total fa mi greve ny commune depuis 3 jours izay fa efa 6 mois tsy nandray karama.Fa naha izany aza mbola tsara aty ka. Mila matevina tsara fotsiny ny ao am-posy raha te hiaina aty fa enjana ny vidim-piainana

Rafangy
Membre
Rafangy

hvm ve ny ben’ny tanana?

jchrist
Invité
jchrist

Exactement le tourisme




HYBRIX
Invité
HYBRIX

La production de charbon de bois est effectivement un secteur florissant à court et à long terme: pas trop de problème d’insécurité, le kininina (eucalyptus avec ses différentes espèces) est bien adapté à nos sols et climat et il n’a pas peur de « doro-tanety », il donne de rejetons encore plus imposant que le pied mère après la coupe sns… Mais le grand problème est le foncier. Il y a des « tany ngazana » et « lava volo » partout mais dès que vous arrivez avec votre angady ou vos projets sur ces terrains, vous aurez les fokonolona pour vous dire que c’est leur tanindrazana. Pourtant, dans la majorité des cas, ces terrains (tanety ngazana etc..) n’ont pas (ou n’ont jamais) été mise en valeur depuis des décennies et les fokonolona n’y font même pas attentions. Zay le oe « Fiaron’amboholahy antitra ». et si vous insistez, on vous qualifie de « mahitahita » et les locaux vont vous saboter etc.

mangableu
Membre

@hybrix, j’en ai fait les frais avec ce problème foncier à Fort-Dauphin. J’ai acquis un terrain de quelques Ha, dites « tany ngazana », reconnu terre domaniale au service topo&co. Et quand est venu le moment de reconnaissance,c’est tout un petit tribu qui est venu au BIF (birao ifotony ny fananan-tany)pour dire/réclamer que c’est leur terre, lovan-drazana, le bon terme utilisé était plutot tanin-drazanay; alors qu’aucun papier « ara-panjakana » n’a été signé à cet effet auparavant.
Ils ont même eu le culot de construire en express une petite case sur le terrain alors que la loi stipule que tout terrain ayant un litige doit rester à son état.
Bon, je vais bientôt voir « domaine et topo » pour éclaircir une bonne fois pour toute cette histoire.

razafi
Membre

L’industrie Agro Alimentaire Bio est un marché d’avenir également. Nous avons déjà la terre et la main d’œuvre. Il faudra juste un petit coup de volonté et de connaissance pour percer. La connaissance ça s’achète, mais c’est surtout la volonté qui nous manque.

jr31
Membre
jr31

des idées, il y en a à la pelle, mais comme vous le dites, quand on intègre le facteur risque, on s’arrête net. A bien analyser tout ces risques, ils découlent d’une seule origine, … la mentalité babakoto, et malheureusement, on ne peut pas la changer en claquant des doigts, il faut raisonner à l’échelle d’une génération!

ranarison
Invité
ranarison

Je trouve que la restauration est un secteur promoteur à condition que vous soyez le chef cuisinier … tout cela pour dire qu’il ne faut pas que vous soyez tributaire d’autres personnes pour votre cœur de métier
être hôtelier pour en créer des chambres d’hôtes également n’est pas mal à condition d’avoir bon goût pour la décoration, c’est un peu compliqué de décorer sinon ça fait kitsch et répulsif

ranarison
Invité
ranarison

Faire de la restauration, sans être un bon cuistot est une abbération : qu’allez vous faire si le chef cuisinier parte ? adieu belle salle, beaux couverts … tous les investissements consentis car les clients passent dans votre restaurant pour apprécier les mets concoctés et non pour apprécier le décor




angady
Invité
angady

il y a quand même une certaine mentalité à développer chez nous: celle d’investir pour la communauté. au 21è siècle, la réussite ne peut plus se faire en roulant seul. tu auras beau travailler comme un malade, sortir du lot et t’enrichir, s’il n’y a que toi pour en profiter, cette réussite ne sera que de courte durée.

Roldlay
Membre
Roldlay

Je pense que Madagascar est effectivement un pays d’avenir, cela à été dit plus haut par un intervenant (De Gaulle aussi le disait et croyait moi ce n’était pas n’importe qui lol) et il le sera toujours. Pour m’expliquer,il est évident que tout reste à faire ou même à refaire dans ce pays. Il existe une chaîne de restauration rapide par exemple qui à pu s’étendre dans pas mal de ville malgache ,je pense que vous voyiez de qui je veux parler, et voyez aussi nos compatriotes Malgaches d’origine indo-pakistanaise ou chinoise qui eux ont pas mal d’entreprises dans certains secteurs.

Maeva
Invité
Maeva

Besoin de conseils svp

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[…] de valeur à voler, il sera volé. C’est un paramètre à intégrer dans votre business plan quand vous investissez à Madagascar, c’est comme ça, ce sont les réalités locales […]

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