La plaie des marchands à Tana

Besarety, à peine rénové et regardez qui sont déjà sur les côtés ?

Où que vous alliez à Tana, ils sont là, ils grouillent de partout. Qui ça ils ? Les marchands bien entendu.

Seza kely, varotra kely, vendeurs mobiles, vente à la sauvette : on dirait que toute la population de Tana ne sait faire que ça : vendre. Et ça essaie de vendre un peu de tout et surtout de n’importe quoi. Et tout ça de manière totalement informelle bien entendu.

Mais oui vas-y, installe toi

Leurs défendeurs diraient : « oui mais ils ne savent faire que ça, vendre, que voulez-vous qu’ils fassent d’autre ? Voler ? »

Réponse de leurs détracteurs : « C’est pas notre problème, leur liberté s’arrête là ou commence celle des autres, le vivre ensemble c’est pour commencer le respect des règles du vivre ensemble, avec par exemple les trottoirs qui sont fait pour qu’on puisse marcher dessus, par pour qu’on vende dessus« .

Et je rajouterai : « … le non-respect de ces règles entraîne fatalement la haine des uns envers les autres« .

Antananarivo semble être frappé de plein fouet et supporter aujourd’hui les conséquences de décennies d’exode rural, d’analphabétisme, la scolarisation au rabais framisante, la démographie fornicatrice associée dans le même temps à des infrastructures moyenâgeuses. Lesdites infrastructures qui pouvaient encore donner l’illusion de répondre et de contenir les besoins jusqu’à il y a une trentaine d’années, mais qui sont aujourd’hui complètement devenues, peut-être pas obsolescents, mais certainement insuffisants.

Ataovy sérieux

En clair, Antananarivo, et plus particulièrement son centre-ville, est complètement saturé, et ce à tous les niveaux. Habitants, piétons, voitures … et également marchands. Et le pire c’est que le schéma initial de cette ville ne permet aujourd’hui aucune possibilité d’extension. A l’image de ces ridicules marquages jaune au sol, supposés délimiter la « frontière » entre marchands et piétons. Ça doit être endémiquement une première mondiale ça, couper un trottoir de 30 cms en deux, 15 cms pour les marchands et 15 cms pour les piétons. On ne sait pas jusqu’où la con*erie ira dans cette Capitale mais ce qui est sûr, c’est que ça continue de creuser profondément. Einstein disait quoi déjà sur l’Univers et la bêtise humaine ?

Le (triste) constat est donc posé comment peut-on faire pour y remédier ? Et urgemment y remédier s’il vous plaît car d’ici 20 ans, statistiquement la population de cette Capitale poubelle devrait donc encore doubler, vous imaginez ce que ça donnera ? Oui oui, comme vous, un étrange et surtout effrayant frisson commence à me parcourir l’échine.

Un baron Haussmann s’il vous plaît pour venir au secours de Tana ? Non, c’est un peu fou*u, vu la sauvagerie locale, ce malheureux baron risquerait la vindicte populaire.

On fait quoi alors ? Il n’y a pas trois millions d’options mais une seule : accélérer le développement de la banlieue.

Comme nos dirigeants ne sont pas très imaginatifs, il convient donc de bien préciser ce que l’on entend par « développer » une banlieue.

Cela veut dire que tous les services et commodités que vous avez en centre-ville, vous devez les retrouver en banlieue. Routes, transports en commun, écoles, pharmacies, commerces de proximité (ça on ne s’en fait pas avec cette société de marchands), eau, électricité, poste de Police, services administratifs et on en passe. Et aussi, surtout, des emplois ! Pas uniquement des zones franches mais tous les types d’emploi que l’on retrouve en ville.

Zay, c’est uniquement avec ces conditions remplies que tout ce beau monde cessera de s’agglutiner comme des mouches en centre-ville. Vous me direz, beaucoup de monde habite déjà en proche banlieue. Mais en général, c’est juste pour y dormir, ils partent tôt le matin … pour monter travailler en ville. L’idée étant donc qu’ils n’aient plus à monter à ville.

Mais tout ça c’est encore sur du long terme. On fait quoi en attendant ? Malheureusement, la mauvaise nouvelle c’est que la situation me semble déjà un peu fou*ue. La ville « fierté des merinas » comme dirait l’autre semble avoir capitulé devant l’invasion de l’horripilant majinikisme, qui règne dorénavant en maître dans cette Capitale.

C’est pour un peu tout cela que prendre une mairie comme Tana ne m’intéresse absolument pas. Je n’ai pas envie de passer mes journées à régler les problèmes d’une ville totalement saturée, où les gens se marchent sur les pieds, où on ne peut plus rien y faire, « majinikisme » oblige.

Donnez-moi quelques centaines d’hectares avec rien dessus, mais quand je dis rien c’est vraiment rien du tout, puis laissez-moi une dizaine d’années maximum et vous verrez c’est quoi une vraie ville aux normes non endémiques. Oui oui, #Alefa2023 🙂

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elman

Digital Native Allez on y croit !

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Ianona
Membre
VIP

Moi je dis que les responsables sont bras ballants et indifférents à la situation actuelle ou plutôt calculateurs pour être populaires et mamimbahoaka? Les marchés sont vides: pochard, petite vitesse, namontana. Pourquoi ne pas forcer ces marchands à s’y installer?

Niomanina
Membre

Il va falloir créer une nouvelle ville ( village au départ) qui sera nommée  » ActuTanana » ou « ActuCity » 🙂

Elman sera le maire, 😀

D’ailleurs je pense que techniquement, c’est possible de monter une nouvelle ville sans rien attendre de l’Etat (même pour les infrastructures). Sauf pour la paperasse.

Utopique ? 🙂

mangableu
Membre

C’est comme les résidences mais à très grandes échelles et sans le “tamboho be”

Niomanina
Membre

Oui au Brésil il y avait ça, des gens qui montent un quartier tout en entier ou un arrondissement même ey construisent les infrastructure sans aucune aide des Etats (ni local ni fédéral)

Mais ce que je voulais dire c’est pas seulement un lieu d’habitation mais carrement un endroit où il y a des activités economiques. Une sorte de Monaco dans Madagascar quoi.

Njaka
Invité
Njaka

Rajabaly est en train de faire ce que vous dites côté soavimasoandro, avec des routes privés.

Mais Les riverains se palignent deja Des dérangements. Ory hava-manana?

sarah
Membre
sarah

Pour Besarety, c’est inadmissible, le marché est juste à côté, plein d’étal vide, presque neuf. Le marché a été rénové dernièrement. Pourquoi est- ce que les marchands n’y vont pas. Le paiement de ticket n’est pas une excuse, le fokotany (ou je ne sais pas qui) les font toujours payer.




Niomanina
Membre

Il faut inciter les gens que nous connaissons à ne plus acheter aux vendeurs sur les trottoirs mais seulement à ceux qui se trouvent à l’intérieur des marchés.

Izy
Invité
Izy

Une réponse de bon sens. L’idée de délimiter les trottoirs est une bonne approche. Commencer tout doucement à introduire des règles dans tout ça.
Je suggère que l’on puisse produire des espaces marchands tous le long des routes fréquenté par les 99% des malgaches qui n’ont principalement les jambes pour se déplacer.
Les ambouteillages n’est pas le problème des sans voiture. Une fois ceux qui n’ont pas de voiture en auront alors ils changeront de comportement. Ce n’est pas encore demain. Il faut donc inventer une solution. Des passages piétons recouvrant les routes à des endroits clés sur quelques 20aines de mètre serait sympa. Ces passages suspendues pourrait être des supports pour des panneaux solaires alimentant les éclairages publiques et les feu tricolore ainsi que toutes les surfaces commerciales bordant ces routes… d’autres solutions existent mais bon, nos dirigeants n’ont pas assez d’imagination, et nous même malgaches n’aimons pas rendre la vie de nos compatriotes plus douce. Tant que ces deux choses demeurent, ce pays restera pourris jusqu’à noseabonder.

mpijery
Membre
mpijery

Des passages piétons recouvrant les routes à des endroits clés sur quelques 20aines de mètre serait sympa

Sauf que ça deviendra invariablement un marché comme dans les années 90

Redac
Invité
Redac

Chacun sont opinions mais pour mois cette une très mauvaises approche. Nous avons pas la raison exacte du traçage de ces ligne jaune, mais je suppose que c’est pour limiter le faite que les piétons marche sur la route. Hors si on observe bien la photo ce n’est pas un 50/50 mais plutôt un 90/10 (90% pour les marchand ) donc déjà on ne peu plus appeler cela un trottoir vu que la fonction initiale à été changer en espace de vente. Du coup je ne vois pas qu’elle probleme cela résout. Comme il à été mentionner il y a des espace réserver à la vente en l’occurrence à ivato il est tout neuf et toujours vide et on ne peu toujours pas circuler correctement car le « trottoir » est un espace de vente ou les client achète depuis la route et ou les passant sont presque sur la ligne blanche central à ça on ajoute les Charette et les bus qui s’arrête toute les 5 minutes et on à de magnifique embouteillage. Bref solution merdique qui ne résout pas le problème, à si j’oubliais les vendeurs on maintenant l’autorisation de vendre derrière la ligne jaune sans payer d’impôt…

kof
Membre

Ce pays semble foutu. Très honnêtement je ne vois rien à l’horizon qui incite à l’optimisme. J’espère toujours me tromper à ce sujet.

Einstein disait quoi déjà sur l’Univers et la bêtise humaine ?

Autre célèbre vérité d’Einstein sur laquelle tous les endémiques devraient méditer profondément :

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent »




Mbinina
Invité
Mbinina

Aah une banlieue où il y aurait une grande surface, un cinéma, des restaurants, des centres commerciaux, le tout desservi par une autoroute et un métro … (Euuh ce serait pas Tanamasoandro ça?)

D. Oliprane
Membre

Hors-sujet mais y a quand même un petit rapport, et puis Elman pourrait déclencher un fil de discussion là-dessus.
Cela concerne la sécurité.
Je suis surpris de lire que Mada est à la 4 ème place des pays africains les plus sécurisés en 2018.
A lire ici :
https://reliefweb.int/report/world/global-peace-index-2018
La méthodologie a l’air correct. L’historicité de l’indice plaide sur le sérieux de l’analyse.
Le rapport ici https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Global-Peace-Index-2018-2.pdf. Allez à la page 18.
Trois pays passent devant : Maurice, Bostwana et Sierra Leone. Tous anglophones : hasard ou fatalité ?
Je pense que ce classement méritierait un coup de projecteur.

Florent
Invité
Florent

Est-ce que la centralisation obsessionnelle des diverses régimes n’y est pas pour quelque chose ?

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