L’accompagnement au changement

Gné, de quoi qu’il va encore nous parler aujourd’hui l’elman ? Bah de l’accompagnement au changement.

Ceux qui pilotent des projets informatiques savent très bien de quoi je veux parler avec cette histoire d’accompagnement au changement. Souvent, nous autres techniciens, nous sommes obsédés par le développement de notre logiciel, la programmation, les tests, les débogages et nous avons une seule obsession : répondre au cahier des charges, développer les fonctionnalités demandées, livrer, être payé. Zay, vita.

Et souvent, nous ignorons ou oublions complètement l’essentiel. Et l’essentiel s’appelle ici l’utilisateur. Oui, l’utilisateur final, celui qui va donc utiliser notre logiciel. L’utilisateur, qui découvre ce nouveau produit. Et qui va adhérer… ou pas.

Car malheureusement, pendant que nous tapotions amoureusement nos lignes de code dans notre coin, l’utilisateur, lui, on l’a complètement ignoré. Le développeur, dans sa logique, va penser que l’utilisateur va également avoir la même logique que lui. Et malheureusement, dans les faits, la désillusion est grande. Oui ça nous semble évident qu’il suffisait de cliquer ici pour obtenir cela, mais ça, encore une fois, c’est la logique du développeur, c’est normal, c’est lui qui a conçu le produit, il le connait parfaitement bien dans tous ses détails et ses moindres lignes de code. Oui, mais pas l’utilisateur. Ah bon, il ne fallait pas double cliquer sur le bouton « Envoyer » ? Désolé, je ne savais pas, je ne suis pas informaticien vous savez.

Où je veux en venir aujourd’hui ? Cette analogie à l’informatique peut en fait s’appliquer à n’importe quel projet sociétal. Si vous développez n’importe quel projet impliquant des êtres humains, attendez vous toujours à un superbe décalage entre votre conception, votre perception des choses … et la leur.

D’où l’accompagnement au changement. Le plus tôt vous impliquez (et formez) les utilisateurs, et plus vous aurez de chances d’emporter leur adhésion. Et malheureusement, cet accompagnement n’est pas toujours évident. Cela implique de la fermeté et de l’écoute en même temps, du charisme et des dons de persuasion, du leadership et de l’empathie, de la conviction mais aussi de l’adaptation. Bref, des qualités rares au pays endémiques, c’est sans doute pour cela que l’accompagnement au changement, on ne connaît pas. Chez nous c’est plutôt l’usage de la force qu’on privilégie.

Dernier écueil à prendre en compte : dans les sociétés modernes, les gens sont à peu près au même niveau intellectuel : ils se comprennent rapidement, ils ont les mêmes bagages culturels, techniques, professionnels. L’accompagnement au changement n’est qu’une simple formalité.

Mais maintenant, transposez au pays endémique ? Kay kay kay… Toi tu débarques avec ton Tanamasoandro, tes tours, tes centres commerciaux, tes 2X4 voies, tes galeries et ta zone industrielle…

…. et tu veux que des bouseux qui plantent du riz deux fois par an depuis la nuit des temps te comprennent immédiatement en un claquement des doigts ? Enooorme travail d’accompagnement au changement en perspective, je vous le garantis. Et malheureusement, les charrettes tirées par des zébus ne se transformeront pas d’un coup de baguette magique en … trains à grande vitesse.

Je vous souhaite bonne chance M. Rajoelina et n’oubliez pas, il faut accompagner les gens au changement… et non le leur imposer. Echec garanti, et pour en revenir et terminer avec l’informatique, c’est souvent la cause des échecs car les informaticiens hyper intelligents ont tenté d’imposer à tout prix leurs logiciels … à ces « abrutis » d’utilisateurs.

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elman

Digital Native Allez on y croit !

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Sipa_gasy
Invité
Sipa_gasy

Ils devraient penser à travailler en mode agile. Dans chaque service/organe recruter un scrum master.

Ralek
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Ils devraient penser à travailler en mode agile.

Oui mais ils pensent en bling-bling et leurs carottes sont les 3V.
Agile pour quoi faire?

Bandy_gasy
Invité
Bandy_gasy

Sipa_gasy > J’espère que ce serait une blague 🙂

ramims
Invité
ramims

on dit bien agile et non asa fa tsy kabary




mangableu
Membre

C’était et c’est encore le cas avec Fort-Dauphin. Développement très rapide trop même pour la population locale que ca a chamboulé leur mode de vie. Dans ce cas, soit elle reste et essaie de s’adapter avec cette nouvelle vie, en mode survie, soit elle part ailleurs pour vivre mieux.

ramatoa
Invité
ramatoa

oui, le transfert vers un changement a besoin d’accompagnement car le concepteur n’est ni le réalisateur ni l’utilisateur

Ralek
Membre
VIP

Je ne veux pas être celui qui chipote mais le terme exact est « CONDUITE » du changement. Il y a des projets qui sont uniquement dédiés à ça.
La conduite du changement n’est pas uniquement dans le cadre d’un projet informatique :changement d’outil donc changement d’habitude, mais aussi dans les changements organisationnels : type fusion de services, création de nouveau pole, délocalisation), ou encore changement d’environnements (passer d’open space avec des places définies à un type flex work).
Qui dit projet dit chef de projet! Des chefs de projets en conduite du changement existe. Ce sont eux qui sont censés faire le pont entre tout le monde, elman a bien cité certaines taches.

Cela implique de la fermeté et de l’écoute en même temps, du charisme et des dons de persuasion, du leadership et de l’empathie, de la conviction mais aussi de l’adaptation.

Mais il y a encore plus que ça.
Les changements dans les gares, les bureaux de poste ou encore les banques et autres services ont été menés par des équipes de projet de conduite du changement. C’est fait par des cabinets de conseils qui font des études en amont (qui coûtent la peau des f*sses).
Au pays endémique, ce genre de personne est encore un extraterrestre.

P.S: La conduite du changement était ma spécialité en MASTER. 😉
Si un jour (2023 ou 2028) elman vous avez besoin de conseil en conduite du changement, vous savez maintenant qu’un actunaute en est spécialisé. 😀

Marina
Invité
Marina

je veux bien être d’accord avec l’importance de l’accompagnement au changement (tout être humain est par défaut réticent au changement »)… mais pour le cas de Tana masoandro, la question n’est pas vraiment encore sur le changement.

ma question est la suivante: au moment où le président a choisi le lieu pour son projet Tana-Masoandro, est ce qu’il s’est posé la question juste durant 2 secondes pour s’avoir « à qui appartient ce lieu actuellement et est ce qu’il a le droit de faire une expropriation comme cela?! »

je veux bien connaitre sa réponse à l’époque et j’aimerais qu’il avait déjà une solution structurée mais non un revy comme ça fotsiny sans se poser des questions concrètes…

Après on parlera du changement à mettre en place…

mangableu
Membre

Effectivement, pourquoi avoir choisi cet emplacement? Et plus précisément des rizières? Espérons que leur système d’égout et d’évacuation des eaux seront aux normes et performants sinon c’est inondation assurée!

Sifaka
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Sifaka

Tsikaritra ny fanazavana nataon’ny résponsable momba ny tombon-tsoa ho azo amin’ilay fiovàna (ho an’ny mponina) fa efa tara be ilay izy, satria efa fahitan’ny olona ny tany totofana etsy sy eroa ! Ny tic,tac mandeha ihany dia tsy maintsy …

razafi
Membre
razafi

Maintenant on rentre dans l’ère du mode AGILE. Plus besoin de l’accompagnement au changement puisque l’utilisateur finale est directement impliqué dans le développement de l’outil. Je ne vais pas en dire plus sinon je dois vous faire payer mes cours mdr




Ralek
Membre
VIP

L’accompagnement ou la conduite du changement ne concerne pas uniquement les projets informatiques.
Cela concerne aussi les projets de réorganisation, de nouveau processus métiers, de changement d’environnement de travail ou encore de mise aux normes… Bref, le changement maintenant… oups! non pas ça… L’Agile n’est pas applicable partout quand il s’agit de changement.
elman a illustré par son monde d’IT, mais la conduite du changement touche tous les domaines.

kof
Membre
VIP

Analyse très intéressante et pertinente mais je suis pas d’accord pour le cas endémique. On est arrivé à un stade où il n’y a que le changement à marche forcée à coup de coups de pieds au c*l qui peut marcher et nous sauver. Un peu comme ce qu’ont fait les Chinois pour négocier leur virage vers la modernité dans les années 80/90/2000. C’était marche ou crève. Eux c’était imposé par la taille démesurée de leur population (allez accompagner 1,2 milliards de bouseux), nous c’est imposé par l’énormité de l’anarchie et du foutoir qui se sont accumulés depuis 40 ans. En plus, accompagner veut dire moyens pour accompagner. Or les caisses sont plus que vides. Pas un rond.

La question est donc : qui a les c*uilles pour imposer cette marche forcée?

Ralek
Membre
VIP

Analyse très intéressante et pertinente mais je suis pas d’accord pour le cas endémique. On est arrivé à un stade où il n’y a que le changement à marche forcée à coup de coups de pieds au c*l qui peut marcher et nous sauver.

Je ne suis pas d’accord, je pense qu’il faut manipuler l’endémique moyen. C’est facile une personne à qui on peut vendre des chiottes parfumés et Miami, si vous lui donnez des coup de pieds au fesses, je pense que ça risque de se retourner contre vous.
Je ne dis pas qu’il ne faut pas de la fermeté, mais surtout il faut lui expliquer, le comprendre et l’écouter, et persuader. Ce n’est pas à la portée de tout le monde.
Je récite encore elman, car c’est dans le mille

Cela implique de la fermeté, de l’écoute en même temps, du charisme et des dons de persuasion, du leadership et de l’empathie, de la conviction mais aussi de l’adaptation.

Un changement que vous faites à coup de force sans la persuasion et le charisme… Je vous dis bon courage!
Vous ne resterez pas longtemps je pense.

kof
Membre
VIP

En fait tout changement demande un minimum d’adhésion d’une certaine majorité, de sorte que ceux qui n’adhèrent pas deviennent une minorité gérable à coup de coups de pieds au c*l genre fais pas ch*er avec ton tanimbary ou ton étal de légumes pourri à même le trottoir. Le parti communiste chinois a réussi à obtenir ce minimum d’adhésion car les Chinois voyaient que les choses changeaient vraiment, ou en passe de l’être. Ce qui a permis au parti de s’occuper des récalcitrants. Mais si la majorité des Chinois ne voulaient pas se laisser faire, la Chine serait encore endémique à l’heure où nous parlons.

Ralek
Membre
VIP

Le parti communiste chinois a réussi à obtenir ce minimum d’adhésion car les Chinois voyaient que les choses changeaient vraiment, ou en passe de l’être.

C’était surtout dans un contexte de guerre quand même! Donc soit t’es avec nous, les coco de Mao, soit t’es en face. Ceux d’en face se sont replié sur Taiwan, et ceux qui sont restés ont été soumis au vainqueur. Après le vainqueur fait ce qu’il veut.
C’est là où je me dis qu’une guerre (civile), c’est souvent un élément déclencheur de sursaut.
Vu que nous sommes en paix, il faudrait faire comme les nazis, la manière dont ils se sont emparés du pouvoir. Car je tiens à rappeler qu’ils sont montés au pouvoir légalement (bon, ok, en éliminant ou intimidant certains de leurs adversaires aussi) mais surtout ils ont su faire adhérer leurs idées (débiles) par la persuasion et le charisme du moustachu! Ils ont créé des fanatiques fou furieux.

kof
Membre
VIP

Euh la Chine des années 80 n’était en guerre contre personne malgré Taiwan. Elle était juste en guerre contre la pauvreté.

Afist
Invité
Afist

Les charrettes tirées par des zébus ne se transformeront pas d’un coup de baguette magique en … Cadillac




kof
Membre
VIP

Allez pour nous remonter le moral, voyons un peu ce qu’il est possible d’accomplir en 30 ans, voire moins. 🙂

Shanghai
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kof
Membre
VIP

Après avoir vu comment on crée un Tanamasoandro sur des tanimbary en moins de 30 ans, voyons maintenant comment on transforme un Tamatave en Miami en moins de 40 ans.

Fortaleza, Brésil.
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