Ne pas manger à sa faim en 2021

Les routes ne se mangent pas. Mais auraient permis à 1 million de personnes de manger ?

Gné ? Déjà un tel titre semble hallucinant au moment où nous parlons, en ce 1 juillet 2021. Hallucinant, inconcevable, surréaliste même.

Au delà de toutes ces guerres stériles de communiqués gouvernementaux et journalistiques, quelque part, à Madagougou, plus d’un million de personnes sont aujourd’hui en situation de détresse alimentaire. On peut palabrer des heures, polémiquer sur des chutes de cuir, débattre sur le changement climatique, cela n’y changera rien : 1 million de personnes sont en danger de mort tompokolahy sy tompokovavy.

Et quand je vois certaines photos circuler sur les réseaux sociaux, pour certains d’entre eux, c’est déjà malheureusement trop tard. Et chaque jour qui passe, d’autres miséreux viendront grossir les rangs de ces condamnés à une mort certaine, dans d’atroces souffrances.

Paradoxalement, on m’a annoncé hier que mon riz est arrivé à Tana. Quelques tonnes qui débarquent, tous les ans comme les marronniers, et qui me  permettent d’être en totale autosuffisance rizicole.

Mon toit que j’ai sur ma tête à Madagougou

D’être en autosuffisance tout court, en totale autarcie même car à côté de ça, j’ai aussi mon puits qui ne s’est jamais asséché depuis son forage, et produisant donc de l’eau à gogo sans coupure depuis toutes ces années. Largement suffisant pour irriguer les cultures variées sur mon terrain, avec un toit sur la tête et certainement une installation électrique autonome, avec une batterie de panneaux solaires.

Ça pousse

Je serais encore à Madagougou cela aurait été ma vie aujourd’hui. Des investissements patiemment réalisés un par un, en se payant amoureusement en premier, dont vous avez suivi une grande partie de la réalisation ici même sur actutana.

Zay, vita

C’est de cela dont je voulais parler en radotant sans cesse qu’il faut prendre son angady, sa b*te et son couteau dès le premier jour de son mandat. Je n’étais pas richissime à Madagougou, loin de là, mais j’ai fais avec ce que j’avais sous la main, sans attendre qui que ce soit.

Le message que je souhaite véhiculer c’est qu’à un moment, il faut se décider, il faut y aller. Au préalable, il faut bien entendu se poser un peu et cogiter un minimum, pour déterminer ce qui est prioritaire, urgent et important.

Chronologiquement parlant, il était prioritaire pour moi d’acquérir des rizières car l’argent, ça va, ça vient, mais les rizières, elles, resteront. Ensuite, il devenait urgent pour moi d’acquérir un terrain car il était important que j’ai un toit à moi au-dessus de ma tête, avec de l’eau à proximité.

Pendant ce temps, les priorités pour d’autres étaient dans le paraître, le bling-bling, le strass, les paillettes, les grosses voitures, les téléphones dernier cri, les fêtes et le 3V. C’est leur choix de vie. J’espère simplement que tout va bien pour eux en 2021.

Pour en revenir à nos malheureux compatriotes dans le sud, l’addition de tout ce qui n’a pas été fait depuis toutes ces décennies à Madagougou est tombée. Et comme l’eau de mer à proximité mais non potable, la note est salée.

elman

Digital Native Allez on y croit !

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The Man
The Man
26 jours plus tôt

Je ne suis pas sûr que Sa Majesté se rappellerait des kobaka am-bava qu’il a débités par rapport à l’expansion des surfaces rizicoles, dès la prochaine saison même, lors des fampielezan-kevitra. Avec 77 millions de dollars dépensés inutilement pour un stade, on aurait pu faire quelque chose de plus rentable pour le bien-être des plus vulnérables,

idefix
idefix
Gold
26 jours plus tôt

Il est venu au pouvoir pour s’enrichir et n’a rien à péter des Malagasy ! à la fin de son mandat il sera déjà loin en Suisse ou en France. 🙁

Hary
Hary
En réponse à  idefix
25 jours plus tôt

L’avantage de la double nationalité…
Sauf qu’il y a aussi un inconvénient : Il peut être à tout moment interrogé par la justice Française ou Suisse sur la provenance de sa fortune personnelle.
Des millions de familles suisses ou françaises ne peuvent se permettre de payer des frais de scolarité de 150 000 euros.

Coco
26 jours plus tôt

Les routes ne se mangent pas

Si certains avaient su qu’une nouvelle route pouvait être une attraction pour la plèbe (remember Iarivo le 25 Juin dernier), ils n’auraient sans doute pas sorti cette phrase là.

carole
carole
Gold
23 jours plus tôt

en tout cas, question communiqué, note interne, etc. on est gavé là. Contre la journaliste, contre la France, etc.

ACTUTANA