Peut-on apprendre la culture aux gens ?

Peut-on apprendre la culture aux gens ?

Ardine et moi sommes en train de nous lancer sur un nouveau projet dans un créneau très spécifique sur Madagascar et dès le premier jour du lancement du bidule, des centaines de réactions sur FB qui.. comment dire.. me laissent quand même un peu dubitatif pour la poursuite du projet.

Autant on peut apprendre très rapidement un mode d’emploi, une technique, un howto, autant je me pose la question de savoir si on pouvait apprendre aux gens ce qu’est la culture ? La subtilité, l’intelligence, la finesse, la culture : malheureusement, cela ne s’apprend pas comme cela du jour au lendemain, dans un livre ou dans un pdf. La culture, c’est un vécu, un « way of life » comme on a l’habitude de le dire sur actutana, et malheureusement, encore une fois, cela ne s’apprend pas, cela s’acquiert tout simplement, de par votre éducation, votre scolarité, votre vécu familial, votre environnement social, votre cercle de connaissances, vos amis, etc.

Malheureusement, et c’est là que le bat blesse et que les réalités nous rattrapent cruellement, que peut-on attendre en terme de culture de la part de 25 millions de pauvres ? Tsy misy ! Nada ! Tout est malheureusement ramené à « qu’est-ce qu’on va manger tout à l’heure » et à partir de là, la nourriture de l’esprit, c’est même pas en rêve !

Pauvreté du système éducatif (maîtres FRAM allons, soyons sérieux), pauvreté chronique, pauvreté culturelle, pauvreté partout, tena sérieux, on ne part pas de très loin, on part du 10ème sous-sol là.

Et pour en revenir à notre projet, je regardais également les petites annonces d’emploi d’un groupe spécialisé sur la question sur FB. Et j’ai été effaré. « Mitady mpiasa antrano, 60 000 ar ». « Mitady gardien, 80 000 ar ». « Mitady mpitazona Cash point ». « Mitady mpitazona gargote » , « Mitady mpanendy mofo gasy, 20 000 ar ». Zay, voila donc les réalités à Madagascar et que vous prenez en pleine figure le magnifique décalage avec le beau petit projet que vous concoctez depuis la France.

Cette chronique est un peu brouillonne, tout s’y mélange : éducation, scolarité, société, culture..  malheureusement, tout est lié aussi et à ce propos, je rejoint la Ministre de la Culture, parmi les premières clientes d’actubooky d’ailleurs : « Faites lire les enfants« .

Beaucoup de lecture. Énormément de lectures ! Et en conclusion, je pense qu’on va laisser tomber le projet et réactiver plutôt actubooky : ça c’est un investissement sur l’avenir et il est inutile de mettre la charrue avant les zébus.

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elman

Digital Native Allez on y croit !

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Ralek
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Quand je pense que dans chaque quartier, chaque petite ville de France, il y a une bibliothèque (tout comme il y a un terrain de foot et un gymnase, voire piscine). Je me dis qu’on a encore du chemin à faire.
Un vazaha a même dit qu’il n’était pas étonné qu’on soit pauvre, car vous ne voyez pas des jeunes malgaches avec un livre dans un parc…
Vous aurez beau à créer vos building et vos miami et autre tape à l’œil. Si vous ne vous occupez pas des la partie non-matérielle (intellectuelle, culturelle, spirituelle,…) C’est que de la poussière.

Rafangy2
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Rafangy2

vous avez oublie la photo (officielle ou je ne me souviens plus)avec la bliblio vide derriere?

Rafangy2
Membre
Rafangy2

qund vous aurez du temps en passant ici, faites un tour a la biblio nationale d’ampefiloha(dont une grande partie du terrain a ete vendu par elia sous la transistion) et demandez un livre, n’importe lequel, et vous comprenez pourquoi on est si pauvre dans tous les domaines…




kof
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Déjà dans le temps cette bibliothèque n’avait de bibliothèque que le nom. C’était assez minable même pour mes critères de jeune ado endémique.

zafimbaza
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zafimbaza

Hélas culture ne rime pas toujours avec intelligence. On peut avoir l’une , pas l’autre . C’est toute une vie d’éducation . Au lycée j’ai eu un prof vazaha, très bon d’ailleurs mais qui a tenu des propos xénophobes à outrance . Je le lui ai fait remarquer . Je me suis fait un ennemi .

The Man
Membre
The Man

Même si Wikipédia est aussi un peu brouillon et pas tout à fait fiable des fois, ça reste parmi les moyens acceptables pour se ressourcer, du moins en ce qui me concerne.

kof
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Je suis absolument convaincu que le chemin qui mène vers la culture, quelle qu’elle soit, passe par la lecture et ceci le plus tôt possible dans la vie. Je ne prétends pas être l’archétype du type cultivé mais j’estime que la culture en général m’intéresse et ceci depuis longtemps. J’ai reçu ma 1ère BD vers l’âge de 8 ans. Izay, vita. Cette 1ère BD m’a ouvert des perspectives incroyables.

Vers l’âge de 11 ou 12 ans mon quartier préféré était Analakely, alors que j’habitais Ampefiloha. Pourquoi? Pour les livres. J’adorais les bouquins et les BD en particulier. Et donc? Et bien à Analakely il y avait le CCAC d’une part (où j’étais abonné) et les échoppes de livres d’autre part où moyennant une somme on pouvait échanger sa BD contre une autre. Le tarif dépendait de la différence de qualité entre le bouquin qu’on donnait et celui qu’on prenait mais c’était tout à fait abordable (je crois que c’était 20 ar ou 40ar je me rappelle plus) .

Rafangy2
Membre
Rafangy2

« Vers l’âge de 11 ou 12 ans mon quartier préféré était Analakely, alors que j’habitais Ampefiloha. Pourquoi? Pour les livres. J’adorais les bouquins et les BD en particulier. Et donc? Et bien à Analakely il y avait le CCAC d’une part (où j’étais abonné) et les échoppes de livres d’autre part où moyennent une somme on pouvait échanger sa BD contre une autre. Le tarif dépendait de la différence de qualité entre le bouquin qu’on donnait et celui qu’on prenait mais c’était tout à fait abordable (je crois que c’était 20 ar ou 40ar je me rappelle plus) . »
helas, helas, helas!il n’y a plus beaucoup de bons livres a ambohijatovo, et l’abonnement a l’institut francais d’antananario(ex ccac) est de 50 000ar….

kof
Membre
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A l’époque c’était pas à Ambohijatovo. En tout cas c’était pas là bas que j’allais. C’était bien à Analakely.

ramatoa
Invité
ramatoa

Mes enfants continuent d’acheter et louer des livres à Ambohijatovo durant les grandes vacances.
Mais durant l’année scolaire, la location des livres à l’école est obligatoire
Pour moi, j’aime lire depuis mon enfance malgré le faute de moyens et la malgachisation

pierre
Invité
pierre

A Ambohijatovo ou je passe regulierement je ne vois plus de bons livres.
Ce ne sont que des ouvrages de droit, de medecine,d’ agriculture des années 30, des ouvrages d’informatique sur le DOS ou Windows 95,de vieux manuels scolaires, le tout largement depassé.Livres qu’on ose a peine toucher tellement ils sont sales et en mauvais état. Qui achete ces bouquins?
Aucun bouquin historique sur Madagascar.
Quant aux livres de poche les bouquinistes y gagneraient en effectuant un rangement alphabetique.Comment trouver le bouquin que l on cherche dans une montagne de livres?
J’ai une crainte c’est qu’avec toutes ces gargotes et ces rechauds posés a terre un incendie se declare et la plus de marché au livres!




Debile Profond 2.1.5 ™
Membre
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J’en connais qui osent me dire « j’aime la lecture mais je n’ai pas le temps », en fait ils ne foutent pas grand choses de leur journée a par tchatcher et surfer sur FB …

zafy
Membre

j’investis dans le développement humain (formation pour tout public) depuis 2016; je suis dans le Kaizen (Culture d’Amélioration continue ou tekinikan’ny dingan-kely). On note beaucoup de similarités culturelles entre nous malagasy et les pays de l’Est (Japon, chine, indonesie, …..) alors que pour ces pays le développement économique et industriel se base sur l’enracinement culturel. Par exemple, les techniques du 5P ne sont autres que le « avadibadiiho im-pito ny lela », il y a un formule pour le faire correctement. Je suis en ligne sur fb « kaizen toamasina ».

banksybeat
Invité
banksybeat

j’ai lu a propos dans une salle d’attente d’un dispensaire de brousse. Apparemment, on l’a bien adopte au misistere de la sante pour une meilleure organisation.

ramatoa
Invité
ramatoa

mais plus on est mal sur les questions d’éducation et culture, plus le FB n’améliore pas les choses.
Beaucoup des gens sacrifient leurs temps sur fb que sur d’autres choses qui peuvent les aider à accueillir des connaissances, savoir vivre, culture ainsi de suite

sarah
Membre
sarah

c’est surtout en milieu rural que c’est le plus difficile pour les livres. En ville, il y a les « boky tonta », les bibliothèques des écoles et les Alliances françaises. Si on collecte les vieux livres usagers pour jeunes et enfants et envoyer dans les ambanivohitra, ce serait super. J’en fais de temps en temps pour une école à 30km de Tsiroanomandidy…mais c’est si peu de choses.




banksybeat
Invité
banksybeat

La culture generale est une exception bien francaise. C’est seulement en France qu’on passe un examen de culture generale pour acceder a certaines ecoles (pas a Harvard ni a Oxford). En France c’est un argument d’appartenance a un cercle, donc c’est aussi un argument d’exclusion.

SRA
Invité
SRA

Pour la petite histoire, j’ai été récemment dans plusieurs Alliances françaises de province et croyez moi, il y en a des livres! Abonnement accessible (10 000 Ar l’année). Je suis aussi allée dans les bibliothèques/médiathèques des lycées Andohalo, LMA et JJR, il y a encore des livres donc tout n’est pas perdu pour nos jeunes. Sur Tanà, oui, il y a l’IFM, l’Alliance française à Andavamamba, c’est encore accessible. Il y a les e-books, les bibliothèques mobiles dans les quartiers (merci les ONGs) donc restons optimistes.

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