Une société bien castrée et bien coincée

Pétez un bon coup et lâchez vous !

Gné ? Comme on dit : et la lumière fut ! Au détour d’un magnifique commentaire posté par l’actunaute rakotovelo, qui répondait lui même à la tribune libre d’un autre actunaute, on comprend mieux ce qui se passe aujourd’hui, pourquoi la situation est comme ça, et finalement pourquoi on est le pays le plus pauvre du monde.

Oui les dirigeants sont blablabla, comme ceci comme cela. Mais le vrai problème, ce sont .. les Malgaches eux-mêmes en fait ! Leur nature, leur éducation, leur manière d’être : il est là le vrai problème. Mais je ne vais pas broder autour du sujet, je préfère vous remettre directement ci-dessous ce commentaire un peu long certes, mais magnifiquement écrit et super pertinent, on en rediscute dans les commentaires. Bonne lecture.

La résilience du Malgache (ou du Malagasy si vous voulez) vient peut-être de très loin dans son enfance. Voici une réflexion de néophyte de ma part …

Cette résilience est bien sûr multi-paramétrique, comme tout comportement sociétal, mais dans certaines phrases typiques adressées aux enfants dès leur enfance on ne peut que constater ce formatage subliminal : « Il faut faire comme font les autres ! « (Mba manaova ohatra ny ataon’ny olona), « Ne te mets pas en avant ! » (Aza milingilingy eo ity); « Te ho deraina eo ity « (Tu as envie d’être flatté ?); « Le vent n’aime pas les cimes des arbres » (Hazo avo halan-drivotra); etc etc .. Bref, il faut se confondre dans la masse !

Les enfants sages implicitement obéissants (zaza hendry) seront toujours bien récompensés et mis en avant, pas ceux qui osent transgresser les règles (zaza maditra) même si des fois ces règles sont obsolètes et aberrantes. Bref, le côté insulaire est ici très prégnant et aggrave la limitation de toute évolution bonne ou mauvaise !

A cela bien entendu un des caractères des Malgaches (oui Malagasy si vous voulez, qu’importe) est d’éviter tout conflit ou un affrontement (même non agressif) de face. Bien entendu, la situation pourrit en attendant. Le Malgache essaie toujours de trouver un moyen pour dire ce qu’il pense indirectement (miolakola-piteny). Il y a un côté asiatique. Entre parenthèses, la colonisation française n’a pas aidé à modifier cette qualité ou ce défaut c’est selon ! D’autant plus qu’en France on dit « qu’on n’aime pas les têtes qui dépassent » (La révolution est passée par là et il y a eu convergence d’ »intérêts » ah ah ah c’est explosif). A Madagascar, un phénomène de complexe d’infériorité s’est alors installé insidieusement mais très perceptiblement et durablement envers les « vazaha » (blancs, rouges, jaunes, noirs ou autres …), envers les riches, envers tout ce qui n’est pas dans la classe populaire (izay hafa rehetra).

Bien entendu, la société malgache évolue et d’autres caractéristiques ont fait leur apparition, c’est normal mais plus complexe encore ! On ne peut pas généraliser à l’individu, mais n’empêche, on peut extraire certains traits de comportement généraux !

On ne peut jamais résumer en quelques phrases ce (très) vaste sujet, on peut rester là-dessus pendant des années. Les Malgaches sont élevés dans cette éducation de toujours se confondre dans la masse, ne pas faire des vagues, de ne pas se faire remarquer (c’est mal vu paraît-il) et si l’on ajoute maintenant tous les défauts de lâcheté, de fourberie, et qu’en sais-je encore, que l’on retrouve naturellement chez tous les autres peuples du monde, nous partons vraiment du négatif mais pas du ground zéro ! Eh oui ! Et comme tous les autres peuples, quand la barre est dépassée, cela explose régulièrement et plus souvent qu’ailleurs chez nous mais de manière diffuse avec une tendance à s’entretuer mais pas à s’attaquer au vrai mal. C’est une source d’insécurité quasi-généralisée. Soupape io e ! Car malgré toute l’éducation du monde il faut évacuer la pression de temps en temps quand la coupe est pleine.

Pour les Malgaches (oui Malagasy), on a des dictons significatifs « Si je dois mourir, que les membres de ma famille meurent avant. Si les membres de ma famille doivent mourir, que le chien meurt avant » (Raha ho faty aho matesa rahavako ! Raha ho faty rahavako, matesa ny alika !), Mais je n’y vais pas « je peux perdre la vie » (Sao maty eo aho). Le Malgache est humain malgré tout !

C’est un sujet trop compliqué, pas nécessairement modélisable quantitativement, le fait d’avoir vécu dans plusieurs pays (chaque fois en dizaine d’années y compris à Madagascar) a accentué ma curiosité rétroactive sur cette résilience malgache où nous battons quasiment le record du monde. Mais évidemment tout est subjectif de ma part !

Subscribe
Me notifier des
guest
10 Commentaires
plus anciens
plus récents plus de votes
Inline Feedbacks
View all comments
idefix
idefix
5 mois plus tôt

Surtout un peuple de faux-Q 😛

Rafangy
Rafangy
En réponse à  idefix
5 mois plus tôt

exact!

Rakotomangamijoro
Rakotomangamijoro
5 mois plus tôt

Oui, c’est vrai mais en même temps une certaine (large?) proportion de la population aime bien se montrer (mipoerapoera). On fait son mipoerapoera même si dernière c’est vide, nulle, zéro comme à l’image des dirigeants actuels. Tsy hita ihany e!

gerard
En réponse à  Rakotomangamijoro
5 mois plus tôt

se montrer à la sortie du temple est un must, s’y faire saluer avec un titre de “président” c’est le graal, quand bien même ne seriez vous président que d’un club de pétanque ou vous ne foutez rien
il n’y a que la façade et les titres pompeux qui vaillent
j’en connais personnellement !




CLAUDE
CLAUDE
En réponse à  gerard
5 mois plus tôt

À la sortie du temple, c’est encore mieux si on claque la bise au Pasteur et à son épouse devant certains paroissiens ébahis. Lol.

Za ihany
Za ihany
En réponse à  gerard
5 mois plus tôt

Mais il faut savoir que s’il y a ceux qui aiment se montrer, il y a surtout ceux qui aiment lécher les Q. En France, aucun problème si on s’adresse à un membre du gouvernement par son nom, sans titre. Un Sarko ou un Hollande, une fois le mandat terminé, redevient Nicolas Sarkozy tout court et ainsi de suite. Chez nous, si on a le malheur d’oublier le titre ronflant, très mal vu. Et ce quelque soit le bord politique (tsy fantatrao angah hoe iza aho?)

Rafangy
Rafangy
En réponse à  gerard
5 mois plus tôt

c’est curieux hein: ici à gougouland, beaucoup de gens aiment se faire appeler president, et cela date de la revolution socialiste!

Rafangy
Rafangy
En réponse à  Rakotomangamijoro
5 mois plus tôt

jamais je ne montrerai aux autres que je suis pauvre! combien de fois n’ai je pas entendu cette reflexion? et combien de fois j’ai vu des gens louer une dinde, une oie lors des fetes? ou encore quand ambatofotsy etait la destination du weekend, des gens qui empruntent aux usuriers de quoi s’acheter l’essence et le poerapoera à Ambatofotsy et le lundi suivant, on ne mange pas du tout?

Fil info

Commentaires

Voir d'autres articles