Nouveau billet de 20 000 ar : le problème n’est pas la grosse coupure

De sérieuses économies pour l’Etat et une amélioration des petites transactions

De sérieuses économies pour l’Etat et une amélioration des petites transactions

Depuis l’annonce d’une coupure de 20 000 ar beaucoup ont protesté contre ce nouveau billet. Au-delà du fait que cette nouvelle coupure est un aveu d’inflation et de détérioration du pouvoir d’achat des Malgaches, elle n’en demeure pas moins plus que nécessaire pour les transactions fiduciaires de tous les jours.

Rendez-vous compte : la plus grosse coupure jusque-là présente (10 000Ar) ne suffisait même plus à payer un seul kilo de bœuf (environ 13 000-14 000 Ar en avril 2017). Les protestataires ont souvent deux arguments. Le premier étant le suivant « si tu perds un billet c’est tout de suite 20 000 Ar de perdus ».

Cet argument ne tient pas la route car que ce soit 1000, 2000 ou 20 000 Ar, chacun doit faire attention à son argent. Le deuxième argument et beaucoup plus convaincant : « je vois déjà la tête du receveur quand je lui présenterai un billet de 20 000 Ar ». Oui c’est vrai et c’est la même chose au marché ou dans beaucoup de boutiques.

Le problème n’étant pas la grosse coupure mais les petites coupures, car le receveur avec votre billet de 20 000 Ar devra trouver un billet de 10 000 Ar en plus des autres coupures pour faire la monnaie. Donc c’est le même souci que si vous présentiez un billet de 10 000 Ar ou même de 5 000.

Le problème est bien le manque de petites monnaies. Si dans les grosses enseignes de style « SHOPRITE » ou autres, ils arrivent à se procurer facilement des petites coupures (la caissière à souvent une demi-liasse neuve de 100 et 200 Ar dans son tiroir-caisse) c’est une autre histoire pour les petits commerçants, qu’ils soient ambulants ou sédentaires comme au marché, et surtout les receveurs de bus.

La solution ? la création de pièces de monnaie de 100 et 200 Ariary

Je m’explique : selon L’Express-Mada du 8 juillet 2017, « le coût d’impression varie entre 140 ariary pour la coupure de 100 ariary et 250 ariary pour la grosse coupure de 20 000 ariary ». Après une étude approfondie que j’ai effectuée lors de mes précédents séjours à Madagascar et grâce aux numéros de série, j’en ai déduit que les deux plus petites coupures (100 et 200) n’ont une durée de vie que d’environ 3 à 4 mois.

Cela va faire 13 ans que ces deux coupures ont été introduites en circulation et donc un billet de 100 Ariary pour tenir 13 ans devra donc être imprimé à environ 50 reprises ! Ce qui fait un coût de 7000 Ariary pour qu’un billet de 100 Ar puisse circuler pendant 13 ans. Selon le coût de fabrication des pièces en euro, le coût d’une pièce de monnaie est d’environ 500 Ariary mais avec une durée de vie bien plus supérieure !

En 2001 en France les pièces de 1 franc étaient dans l’immense majorité frappées entre 1960 et 1978. Ce qui en dit long sur la durée de vie des pièces de monnaie. Donc en frappant des pièces de monnaie de 100 Ar par exemple, la grosse majorité de ces pièces (sûrement plus de 80% des pièces frappées) seraient encore en circulation 13 ans après et même au-delà de 20 ans ! Ce qui fait un coût de 500 Ariary pour une pièce de monnaie contre les 7000 nécessaires pour l’impression de billets.

Toujours selon la même étude, il y aurait environ 20 à 30 millions de billets de 100 Ar en circulation. Depuis 2004 c’est près de 500 millions de billets de 100 Ar qui ont été imprimés et la grosse partie a été retirée de la circulation du fait de leur état complètement délabré. Faites la multiplication et surtout le compte !

Ces grosses économies pourraient en partie financer la frappe de pièce de monnaies, par exemple en frappant 40 ou 50 millions de pièces échelonnées sur plusieurs années.

De cette manière le manque de petites coupures serait en grande partie résolu. Et après avoir calculé les économies faites sur la pièce de 100 Ar, vous n’avez qu’à multiplier par deux ces économies en étendant ce processus aux pièces/billets de 200 Ar.

De plus, dans 10 ou 15 ans lorsque l’on changera encore nos billets, les pièces elles, continuerons de circuler.

[note elman : merci à tana-sur-escaut pour cet article édifiant ! Si vous aussi vous souhaitez écrire et être publié sur actutana c’est par ici]

A propos de tana-sur-escaut

Copyright Actutana Inc. - Tous droits réservés.  © 2017