Rétablissons la sécurité si vous le voulez bien ?

Rétablissons la sécurité si vous le voulez bien ?

Rétablissons la sécurité si vous le voulez bien ?

Cela va bientôt faire un mois que j’ai repris du service et même si je mesure bien la difficulté et les problèmes, oui, j’y crois plus que jamais en ce pays.

Je vois des gens qui bougent, qui veulent faire des choses, tenter.. et même vous qui commentez sur actutana, un peu, beaucoup, énormément, je sens que malgré les problèmes et les difficultés vous n’avez pas encore lâché prise, que vous avez encore envie d’y croire. Même un tout petit peu 🙂

Mais si nous voulons que tout ceci ait une chance de marcher, il y a un passage obligé : rétablir impérativement et en priorité l’ordre républicain. La sécurité donc.

La sécurité des biens et des personnes est un pré-requis avant de penser à un quelconque développement.

La force, les armes doivent être uniquement la prérogative de la puissance publique dans les limites définies par la Loi et quand ce n’est pas le cas, c’est que nous avons donc affaire à des esprits criminels (comme sur TF1), c’est aussi simple que cela.

Des criminels qui doivent donc être impérativement traqués, pourchassés, interpellés et punis.

L’insécurité tue, au sens propre du terme. Elle est en train de tuer le développement économique et social de ce pays. Très concrètement, saviez-vous par exemple que le père du jeune Yanish Ismaël enlevé dimanche dernier est un acteur majeur dans le social à Madagascar ?

  • Ces hôpitaux pour enfants partout c’est lui.
  • Ces médecins de l’Océan indien qui sillonnent tout Madagascar pour dispenser des soins gratuitement, c’est lui.
  • Ces centres de santé un peu partout accessibles aux démunis, c’est lui.
  • 30 millions de dollars de promesse d’investissement lors de la dernière conférence des bailleurs à Paris, c’est lui. Alors les gros racistes anti-karana, ça vous en bouche un coin n’est-ce pas ? Oui il y a des « bons » karana dans ce pays. Et Danil Ismaël en fait partie et il mérite respect et considération pour son action.

 

Pour en revenir à cette insécurité galopante, les conséquences sont inéluctables : les investisseurs ne viendront plus pour ceux qui avaient l’intention de venir, ou ils partiront, pour ceux qui sont déjà sur place.

Vous êtes bien gentils les Malgaches mais nous ne sommes pas venus ici pour nous faire dépouiller, kidnapper, pire, trucider.

Il est donc grand temps de réagir, vite et bien, en mode 2.0 Il ne s’agit plus de jeter de la poudre de perlimpinpin aux yeux de l’opinion publique pour montrer que l’on fait semblant de travailler, en procédant à l’arrestation de temps en temps de quelques personnes au hasard. Non, la population veut de l’efficacité. Et des vrais résultats.

Où sont les armes de guerre ? Les munitions ? Savons-nous exactement combien nous en avons ? Les armes récupérées sur les théâtres d’opération, elles viennent d’où ? Qui étaient leurs propriétaires ? Les inventaires des soutes à bombes sont effectués tous les combien de temps ? Avons nous un fichier national du grand banditisme ? Les militaires ou les policiers qui se livrent à des actes de banditisme on en fait quoi ? Les personnes fichées en liberté sont-elles surveillées ?

Ce ne sont ici que quelques questions d’une problématique immense.

Mais avant tout, la population veut une police de proximité. Quand les réseaux sociaux rapportent que cette semaine il y a un homme du côté du CENAM qui se balade sur la chaussée, non pas nu mais au vu et au su de tous, avec un sabre d’une main, un sac volé dans l’autre, en venant juste de dépouiller les passagers d’un taxibe, cela fait franchement froid dans le dos. Et où est la Police de proximité ?

On sait que tout cet axe là, en partant d’Ampefiloha, Andavamamba, CENAM, Ampasika, Andohatapenaka est zone rouge, où est la Police de proximité ?

Au jardin d’Andohalo, les mêmes réseaux sociaux rapportent qu’il y a une bande de voyous qui s’attaquent aux personnes qui sont dans ce jardin en leur jetant des substances nocives : où est la Police de proximité ?

Réseaux sociaux, numero vert, émissions radiophoniques : les sources d’informations ne manquent pourtant pas.

Quand on reçoit des vahiny pour le sommet de la Francophonie, on a été capable de mettre un élément armé tous les 10 mètres, d’Ivato à Mahamasina. Mais dès la fin du Sommet, tout le monde est rentré dans sa caserne. Pourquoi ? A quoi ça sert d’avoir des forces armées ? Juste à parader tous les 26 juin ?

Le pays se trouve actuellement en État d’urgence et de nécessité absolue, et les mots sont bien pesés, en matière d’insécurité.

Au lieu de nommer à la pelle des généraux d’opérette dans l’armée la plus étoilée du monde, qu’est-ce que l’on attend pour monter des services de renseignement et d’interventions dignes de ce nom ?

Quand en 2017 on utilise toujours la bonne vieille machine à écrire à ruban de mon grand-père dans les postes de police, que les plaignants doivent ramener eux-même du papier A4 pour que leur plainte puisse être enregistrée, que quand vous appelez tard la nuit la Police ou les gendarmes pour solliciter leur aide et qu’ils vous répondent qu’ils ne peuvent pas venir car il n’y a plus d’essence dans leur scooter, que le brigadier chef n’a pas pu vous recontacter car il n’avait plus de crédit dans son téléphone, cela nous donne une idée très précise d’où nous partons : de la cave située dans le sous-sol.

La problématique et les besoins sont maintenant bien posés, je ne peux pas aller au delà, mon rôle s’arrête là : à ceux qui sont en charge de réagir et de proposer un plan d’action pour résoudre le problème.

Ou de continuer à dormir sur leurs lauriers étoilés.

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