99 fois ça passe … puis la 100eme ça passe plus

Puis la 100eme est arrivée, tsy nety intsony Ilay izy ram’s, ça passe plus.

On est certes encore sous le choc de ces plus de 84 victimes de ce drame de Soanierana Ivongo, intervenu lundi dernier mais de l’autre côté, on est désabusé, des drames comme ça, au vu des conditions à Madagascar, il y en a eu et malheureusement, il y en aura encore.

Quelles conditions ? Bah le kitoatoa, le non respect des normes, le n’importe quoi. Déjà ce bateau, ce MS Francia à l’origine n’est prévu transporter que des marchandises, d’où l’appellation de “passagers clandestins“. Ensuite on se demande comment 130 personnes peuvent tenir sur cette coque de noix ?

On a tous en tête aussi ces taxi-brousse chargés comme des mules. Taingy be comme on dit et là encore, souvent ça se termine mal avec les ballotages et tout ça.

Normes de sécurité.. et respect surtout de ces normes, hop, inconnus au bataillon. Alefaa, mbola mety io ê, ampidiro, fenoy tsara ram’s a, mbola malalaka be isiaka aaan.

Et la 100eme est donc arrivée, kay tsy nety intsony, l’accident industriel est malheureusement arrivé. Et 84 d’un coup c’est lourd. Très lourd.

Le problème c’est qu’aujourd’hui tout le monde est ému et choqué, on va faire un petit deuil national, et … rien ne changera. On va laisser passer quelques temps, le temps que l’orage passe puis très vite, alefa ram’s a, le retour.

C’est compliqué de faire les choses à Madagascar disais-je dans la précédente chronique, écrite quelques heures (voire quelques minutes) avant ce drame 😯 Io izy io. La pauvreté, le bricolage, le kitoatoa, tous les ingrédients y sont, le cocktail est explosif. Et le bilan l’est tout autant avec ces au moins 84 victimes.

Il n’y a pas de mystère, le kitoatoa finit toujours par tuer. Sur terre, sur mer, dans les airs, sur les rails : si vous n’etes pas drastiquement rigoureux, cela finira toujours par se payer cash. Le bateau coule, la voiture est tapaka frein, le train déraille, l’helico tombe… Quelque part, une procédure quelconque n’a donc pas été respectée, l’intégrité et la sécurité du véhicule ne sont plus assurées. 99 fois ça passe, on se dit sssh, mety io ê… La 100eme tsy nety intsony.

Moi quand je pilote mon avion de chasse, et parfois à des vitesses inavouables, je le fais car je respecte lesdites procédures. Les révisions, les entretiens, les contrôles, les PTC et tout ça je suis tout à la lettre. Oui j’ai l’esprit bricoleur mais jamais je n’aurai la prétention de me croire plus fort ou plus malin que le constructeur et les autorités des transports de ce pays.

Donc je fais et je suis exactement ce qu’ils me préconisent de faire (ou de ne pas faire), et si de temps en temps je franchis la ligne blanche

… jamais je ne franchirai la ligne rouge qui pourrai me mettre en danger, moi.. ou les autres. Ram’s tsy manaonao foana.

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Patrick Randrian
Patrick Randrian
6 mois plus tôt

Baranahiny

Ishaakar
5 mois plus tôt

Tsy mety io,nefa afaka hanao ahoana moa!C est la géo qui détient les leviers.L idéal : c est l acteur et à priori actions qu’il faut à la place qu il faut. Mais cela ne nous dépend guère !Voilà les contextes actuelles.Opter aventures pour aventures ne nous sert qu à une dérive certaine ! Et cela,sans lendemain. Agir intelligemment : voilà la voie de sortie !

Hary
Hary
En réponse à  Ishaakar
5 mois plus tôt

La voie de sortie, c’est de se barrer du pays.
Les Africains et les Magrébins ont compris ça depuis très longtemps.
J’ai l’impression que les Malgaches (Malagasy) hésitent à partir en masse et “croient” encore à un miracle économique.
Ceci n’est pas une incitation à l’immigration clandestine.

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