A 2 milliards, laissez tomber, c’est mort.

Oui oui j’ai fais tous les métiers 🙂

Gné ? L’habituelle cogitation nocturne de votre serviteur, qui s’interroge donc sur la nécessité (ou pas) des déplacements en 2021.

Une chose est sûre : depuis 2020, le covid19 a rebattu les cartes du monde du travail, avec justement la généralisation (forcée) du télétravail, du moins dans les secteurs qui le permettent. Mais ne nous leurrons pas, le 100% en télétravail n’existera pas, l’homme est un animal social, il aura toujours besoin d’un minimum d’interactions sociales. Et professionnelles.

Quand on vient de Madagougou, comme moi, ce qui frappe en France c’est la multiplication des moyens de déplacements, facilitant d’autant ces déplacements. Routes nationales, autoroutes, départementales, périphériques, trains, RER, metro, TGV, bus, Uber, autos, motos, velos, avions, bateaux, trottinette, le nombre de possibilités pour aller d’un point A à un point B est tout simplement incroyable.

Oui oui on peut se déplacer avec ça aussi 🙂

Les déplacements des personnes sont importants. Mais le transport des marchandises l’est encore plus ! C’est un business se chiffrant aujourd’hui en centaines de milliards d’€ et permettant à l’économie française de carburer à fond, aussi bien sur le plan national, européen que mondial.

Des marchandises qui circulent constituent donc des flux, des échanges commerciaux, et créant de facto de la valeur, boostant le PIB et synonyme de création de richesse.

Et c’est là qu’on mesure une fois de plus le fossé, le gouffre avec Madagougou ! Quelques routes nationales en piteux état, un chemin de fer confisqué par quelques intérêts privés, un transport aérien exorbitant, des routes d’un autre temps avec aussi des usagers d’un autre temps : voitures, motos, scooters, vélos certes, mais aussi charrettes, zébus.. et même diligences tirés par des chevaux ? Euh oui ?

Je … non, rien

Plus basiquement, même à l’échelle nationale, il n’y a quasiment aucun échange inter-regional. Donc aucun flux, aucune transaction, aucune création de richesse. Si je suis à Tana et que je veux acheter quelque chose qui se trouve à Tulear, waah, c’est une transaction qui relève plus du miracle et d’une vue de l’esprit qu’autre chose.

Alors que moi ici à Paris si je souhaite acheter des machins et des bidules à Marseille (ça m’est vraiment arrivé, des parfums je crois), en quelques clics j’achète, je paie en ligne, et demain ou après-demain au plus tard je reçois mes produits. Zay, vita, rien de sensationnel au fond. Et pourtant ce simple acte d’achat anodin aura créé une incroyable chaîne de valeurs en cascade, créatrice de richesse supplémentaire.

Madagougou ne produit rien. Ne transporte quasiment rien. Est enclavé de partout. Dans ces conditions, est-ce qu’il faut s’étonner si le PIB/hab n’a eu de cesse de diminuer depuis 1960 ? Le seul pays au monde à avoir réussi cet exploit je crois.

Ataovy sérieux

En fait nous avons tout raté : l’ère industrielle et la révolution des transports. Le monde lui a toujours continué d’avancer. Nous, nous sommes restés au Moyen-âge, avec nos charrettes et nos diligences.

Avoir cette prise de conscience et l’accepter, même si c’est désagréable, serait déjà un bon début. Même si nous ne rattraperons jamais notre retard pour les 100 prochaines années, il n’est jamais trop tard pour commencer à s’y mettre. A 26 millions d’endemiques, c’est compliqué mais pas impossible.

A 2 milliards, laissez tomber, c’est mort.

elman

Digital Native Allez on y croit !

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Doraadm
Doraadm
Gold
1 mois plus tôt

Je trouve qu’on était déja sur la bonne voie mais cela gène les interets de quelques uns.
Un peu comme la route dans le nord Est de Mada, avec de l’argent en flôt, les routes restent impraticable.
Mais bon, tsy fihinana ny lalana dia vitanay io ka izao nandresy ny tolona. Nenay 13 fô

mangableu
En réponse à  Doraadm
1 mois plus tôt

Raha resaka lalana dia tena marina fa ny interet olona vitsivitsy no mahatonga azy ireny tsy vita na dia eo aza ny volonte ny fanjakana hanao zavatra. Maty hono ny fitadiavam-bolan zareo raha vita eo io lalana io (sy ny lalam-by)

Coco
1 mois plus tôt

Comme disait Al Pacino dans Scarface (la scène où il fait la vaisselle dans un food truck en regardant les boss de l’autre côté de la rue descendre de Cadillac) :  » J’ai les mains qui peuvent faire de l’or et je suis en train de les foutre dans la m*de ».

ACTUTANA