Le Malgache bientôt étranger dans son propre pays

Non rien, j’avais juste envie de la voir en gigantesque à la Une 🙂

L’article ci-dessous a certes été écrit dans un style assez scolaire mais sur le fond, tout y est : tout le monde réussit à Madagascar. Sauf les Malgaches évidemment.

Lire : Economie à Madagascar : Après les Karana et les Vazaha, place aux Mauriciens ?

Aaah l’addition est salée après 60 ans n’est-ce pas ? Alors que le reste du monde a évolué positivement sur la même période, nous, nous avons entamé le plus grand et le plus incroyable moonwalk de tous les temps !

Évidemment, ce sera toujours la faute des autres. Notre pauvreté c’est à cause des Français, des karana, des Chinois, des Mauriciens, de mon gardien. Toujours cette petite propension à l’irresponsabilité et à la victimisation.

Mon avis sur la question ? Vous le connaissez déjà : les Malgaches peuvent réussir. Mais hors de Madagascar. Loin, très loin de ce misérabilisme endémique, où tout le monde se tire vers le bas, où la priorité est le 3V, où rien ne marche et où la jalousie règne en maître. Au royaume d’hubris…

Les propos sont de nouveau durs aujourd’hui mais moi, je vis aujourd’hui dans une société pragmatique, réaliste, où on appelle un chat un chat. Où on n’y planque pas sous le tapis les sujets qui dérangent et qui fâchent. Ça ça marche c’est bien, ça ça ne marche pas on corrige.

A Madag…ascar, rien de tout ça. Depuis 60 ans on a planqué sous le tapis les sujets délicats, on fait tout pour trouver un espèce de consensus débile pour donner l’impression que tout va bien, que tout se déroule bien, que tout va dans le bon sens. Surtout ne rien changer, ne même pas en parler, sao dia tsy mety, sao dia manahirana, sao dia mahamenatra.

Pour en revenir au sujet, les étrangers qui sont à Madagascar eux bien entendu ils ne pensent pas comme ça. Beaucoup d’entre-eux buteront sur cette mentalité endémique, s’y casseront même les dents. Mais certain d’entre eux parviendront quand même à s’y imposer en imposant des règles, des méthodes de travail, de la rigueur, de la fermeté. Oui quelque part il s’agit d’une nouvelle forme de « colonisation des esprits » mais s’il faut ça pour avoir une chance de s’en sortir, alors pourquoi pas, allons-y.

Les dirigeants qui se sont succédé ne peuvent bien entendu pas se défausser de leur responsabilité sur cet échec collectif. Car ils avaient les moyens et le pouvoir pour changer les choses. Mais encore aurait-il fallu qu’ils voient le vrai problème, qui n’est pas la pauvreté, le manque d’infrastructures et tout ça, mais bel et bien cette incapacité à vivre collectivement et à bâtir quelque chose collectivement.

Et c’est ça qui fait que nous n’avançons pas depuis 60 ans. Et qui fera aussi que malheureusement nous n’avancerons pas pour les 60 prochaines années.

Constat froid, effroyable et dérangeant mais il fallait bien que quelqu’un l’etablisse n’est-ce pas ?

Cette chronique a aussi été inspirée par le limogeage récent du DG « tontakely ».. Très brillant ailleurs, mais une fois confronté aux réalités endémiques, tout ce qu’il aura appris ne servira à rien au bled.

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Coco
1 mois plus tôt

Bonjour Elman. Vous m’avez devancé. J’ai vu cette une qui interpelle au point où j’ai pensé faire un article dans votre tribune libre. Sans doute ça va suivre.

zafimbaza
1 mois plus tôt

J’ai un copain Karana qui m’a expliqué le principe chez eux.On soutient matériellement , à charge au gars de rembourser. Tout fikafika = dehors pr tjrs . C’est ce qui manque chez nous: la fermeté, la peur du tapaka fihavanana.

Rafangy
Rafangy(@rafangy)
Expert
En réponse à  zafimbaza
1 mois plus tôt

le manque de fermete chez nous resulte de cette peur de tapaka fihavanana, moi, j’ai connu un directeur gasy travaillant chez un grand concessionnaire auto, il etait très ferme et rigoureux, ce qui amène les employés à considerer comme une affectation disciplinaire donc déjà un pied dehors, tout agent redirigé vers lui! il etait membre d’une fratrie de 6 ou sept mais la famille(au sens malagasy) il n’etait pas trop liée

babakaty
babakaty(@babakaty)
1 mois plus tôt

Le grand remplacement inversé a la Zemmour ?

carole
carole(@carole)
Gold
1 mois plus tôt

 » Loin, très loin de ce misérabilisme endémique, où tout le monde se tire vers le bas, »

Tena misintona mafy mihitsy a…




angady
angady
1 mois plus tôt

si on se place dans un contexte plus global, je dirais qu’après le déclin puis la chute de l’empire soviétique, ce qui s’est traduit par celui du régime Ratsiraka chez nous, les régimes qui se sont succédés ont été essentiellement composés d’opportunistes (je ne parle pas forcément du boss, mais surtout de ceux qui sont moins visibles) qui ont tout fait pour profiter de leur court passage au pouvoir pour se faire des butins de guerre. tendance qui s’est malheureusement dépeint sur toute la hiérarchie de l’État ainsi que le reste de la population. il y a eu un manque flagrant de vision type « nation-building » et d’influence qui va dans ce sens. et les promesses sans lendemains de pseudo-politiciens de tout acabit n’ont rien arrangé. pire même, ça a renforcé la mentalité de merde que beaucoup d’endémiques ont et qui est bien décrit dans ce post et les commentaires.
aucune nation au monde n’a pu se bâtir sans une volonté populaire commune qui va bien au-delà de voter pour untel ou un autre. volonté qui semble s’être malheureusement éteinte pour aller se réfugier dans la religion et la foi en de meilleurs lendemains, mais dans une autre vie.
ok, soit, mais a-t-on pensé à nos enfants, à ce qu’on va leur laisser? tous ceux qui ont bonne conscience et sont prêts à se relever les manches n’ont qu’un réflexe: envoyer leurs enfants any an-dafy, comme plus personne ne fait confiance au système. même pas ceux qui sont sensés en assurer le bon fonctionnement. alors, que nous reste-t-il? plus rien?
> je dirais, pas mal de choses encore. nos ressources sous-terraines et des milliers de km2 de ressources sous-marines qu’on est mieux de protéger et d’exploiter pour un réel bénéfice commun. rebâtir ces filières pour en assurer un réel contrôle. ça crée de l’emploi, financerait des programmes socio-éducatifs et débouche sur des produits exportables dont la demande mondiale ne tarit pas. rien que ces 3 solutionneraient pas mal de nos problèmes.

Banksybeat
Banksybeat
En réponse à  angady
1 mois plus tôt

Personne n’est partant pour une vraie rupture, comme si la situation arrange tout le monde, ce qui n’est pas vrai. Des visions il y en avait certainement sinon cela ne vaut plus la peine de vivre ici. Mais la plupart de ces projets ont été dénaturés en cours de route. On pense certainement aux enfants mais aussi aux parents qui sont entrain de partir dans l’amertume totale.

angady
angady
En réponse à  Banksybeat
1 mois plus tôt

c’est sûr que les parents, je n’ose même pas y penser. même ceux qui ont eu la chance de se bâtir un fonds de retraite vivent dans la misère, ceux qui ont longtemps vécu sur la corde raide…
à propos des projets, des visions, il y en a eu, bien entendu. plus proche des rêves utopiques, que de répondre aux réels besoins tels que l’éducation pour les jeunes, du travail pour les diplômés, une retraite pour les séniors et la santé pour tous. au lieu de ça, on fait miroiter des studios hollywoodiens grandeur nature à des crève-la-faim. plus charognard que ça, tu meurs.

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