Quand on est au fond du trou

Ce ne seront plus des zébus que vous verrez morts bientôt

Gné ? Vous pouvez me dire ce que vous voulez, me raconter tous les bobards que vous voulez, mais quand je vois ces dernières photos d’enfants qui nous viennent du sud du Madagascar, moi c’est la seule conclusion qui me vient à l’esprit : Madagougou est au fond du trou.

Des photos tout simplement insoutenables. Insupportables même, il n’y a pas d’autres mots. Je n’ose même pas les republier ici tellement elles sont glaçantes.

Des enfants morts vivants, des zombies, des pauvres hères decharnées, décimées par la famine, il n’y a plus de mots assez forts pour tenter de décrire cette horreur.

Moi en voyant cela désolé mais j’ai du mal à trouver le sommeil. Comment est-ce que des choses comme cela peuvent exister en juillet 2021 ?

Je n’ai même pas envie de rebondir sur le terrain politique tellement ça me paraît minable et haïssable.

Quand une journaliste franco-malgache tire la sonnette d’alarme sur cette situation insupportable, la seule chose que l’on trouve à faire c’est de se dépêcher de dénigrer cette journaliste car elle a dit et montré des choses dérangeantes ?

A ce stade là, ce n’est donc plus de l’incompétence. Puisqu’il y a mort d’hommes, d’enfants, puisqu’il y a 1,5 millions de personnes en danger de mort et que l’on ne fait rien pour eux, pour moi ça s’appelle tout simplement de la non assistance à personnes en danger. Et ça c’est un crime pénalement répréhensible.

La Grande île semble cette fois bien partie pour partir définitivement à la dérive, dans les limbes de l’océan indien. Quand on a sous les yeux cette priorité absolue de devoir sauver tous ces malheureux et que l’on est incapable de le voir, c’est que Houston le problème est grave, très grave.

A un moment, quand on est totalement dépassé par les événements, quand on sent que l’on est dans l’incapacité la plus totale de proposer des solutions, c’est que l’on est soi-même devenu le problème.

Moi si demain pour une raison ou pour une autre je suis dans l’incapacité de faire mon boulot, croyez-moi, je n’aurai aucun état d’âme à poser ma démission. Je ne suis plus en mesure de réaliser ce que l’on m’a demandé de faire, ce pour lequel j’ai été embauché, recruté, il faut avoir le courage de dire « stop, on arrête les frais, zay, vita, veloma, game over« .

Car si on s’entête, la suite elle va être très facile à deviner : les morts vont s’accélérer, les cadavres vont s’amonceler. Mourir par silence. En silence.

Je ne sais pas si on a bien pris la mesure de tout ça quand on s’est empressé de poser sa candidature pour devenir Président de la République ? A-t-on bien compris que ce ne serait pas une balade de santé, et que ça pouvait même rapidement devenir compliqué ? Très compliqué ?

Quand on se remémore toutes ces promesses d’ivrognes à tire larigot, la réponse semble couler de source : non on n’avait pas pris la mesure de tout ça. La malnutrition semble effectivement devenue un droit fondamental.

La dernière mauvaise nouvelle est que le cauchemar est loin d’être terminé. Aujourd’hui la situation est horrible. Demain elle sera apocalyptique.

Bonne chance.

elman

Digital Native Allez on y croit !

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raossy
raossy
Gold
6 jours plus tôt

Comme disait l’autre : « quand on a touché le fond, on ne peut que remonter »; çà c’est peut être valable ailleurs mais certainement pas à Madagougou : on continue de creuser encore et encore dans le mauvais sens pour essayer d’atteindre le centre de la terre où la température peut atteindre les 5000°. Le « afobe » du cathéchisme va bientôt devenir réalité.

CLAUDE
CLAUDE
Gold
En réponse à  raossy
5 jours plus tôt

« Comme disait l’autre : « quand on a touché le fond, on ne peut que remonter »; çà c’est peut être valable ailleurs mais certainement pas à Madagougou : ‘

C’est toujours valable pour une certaine catégorie de gougouens qui ont le bras long, très long même.

Rafangy
Rafangy
Expert
En réponse à  raossy
5 jours plus tôt

c’est normal qu’on continue de creuser parce qu’on a un biby mitourna aux commandes

ACTUTANA